Alors que la France enchaîne sécheresses historiques, restrictions d’usage et épisodes d’inondations, un chiffre interpelle : seuls 9 % des foyers disposent d’un plan de secours et d’une réserve d’eau en cas d’urgence. Un niveau de préparation jugé « alarmant » par le Kemira Water Index 2025 (*) , étude internationale consacrée à la résilience hydrique.
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L’enquête, menée auprès de 1 000 adultes en France, révèle un contraste saisissant entre la conscience du risque et les mesures prises au quotidien. Ainsi :
98 % des Français se disent préoccupés par les effets du changement climatique dans leur région ;
80 % estiment que la planification des futures sécheresses et pénuries doit être renforcée ;
81 % jugent que leur territoire doit mieux se préparer aux inondations ;
30 % reconnaissent ne pas surveiller leur consommation d’eau domestique.
Autrement dit, l’inquiétude est massive, mais l’anticipation reste marginale. « Il existe un décalage évident entre la prise de conscience et le passage à l’action », souligne Pierre Coadic, expert local de l’eau chez Kemira. Les Français font confiance à l’eau du robinet et se disent prêts à réduire leur consommation. Mais très peu ont réellement mis en place des mesures d’urgence à domicile et à soutenir les entreprises responsables sur le plan environnemental ».
La France dans le ventre mou européen
Le classement établi par le Kemira Water Index 2025 positionne la France au 6ᵉ rang sur 10 pays européens (Norvège arrive n°1) en matière de résilience face aux risques hydriques.
L’indice repose sur 21 indicateurs analysés à partir de plus de 300 sources de données, croisant infrastructures, gouvernance, gestion des ressources et perception citoyenne. Dix pays européens et dix États américains ont été évalués afin de comparer leur capacité à sécuriser l’accès à l’eau et à anticiper les crises.
Ce positionnement intermédiaire reflète une situation paradoxale : des infrastructures globalement solides, mais une vulnérabilité croissante face aux pressions climatiques.
Sécheresses, inondations,… la nouvelle normalité
Les épisodes de sécheresse des dernières années ont mis en lumière la fragilité des ressources en eau françaises. Parallèlement, les inondations se multiplient dans plusieurs régions. Face à ces phénomènes extrêmes appelés à s’intensifier, les citoyens interrogés réclament davantage de transparence industrielle et des politiques publiques plus ambitieuses.
L’étude insiste sur la nécessité d’investissements structurels, d’une meilleure planification territoriale et d’une mobilisation collective. Car la sécurité de l’eau ne relève plus uniquement de la gestion environnementale : elle devient un enjeu économique, social et stratégique.
Une urgence silencieuse
Le constat est clair : la France ne manque ni de conscience du problème ni de volonté déclarée. Ce qui fait défaut, c’est la préparation concrète.
Dans un pays où l’eau potable coule encore majoritairement sans interruption, la tentation est grande de considérer la ressource comme acquise. Le Kemira Water Index 2025 rappelle pourtant une réalité plus fragile : la crise de l’eau n’est plus hypothétique, elle est déjà en cours. Et face à elle, seuls 9 % des foyers se disent réellement prêts…
(*) L’enquête a été réalisée par Ipsos Research en juillet 2025 sur un échantillon de recherche de 14 000 consommateurs provenant du Danemark, de la Finlande, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Norvège, de l’Espagne, de la Suède, des Pays-Bas, du Royaume-Uni, ainsi que plusieurs États américains.