Les principaux secteurs industriels fortement carbonés — sidérurgie lourde, ciment, raffinage ou chimie lourde — sont quasi absents d’Île-de-France. Représentant 17 % de la valeur ajoutée industrielle nationale et environ 450 000 emplois en Île-de-France, elle ne génère aujourd’hui que 3 % des émissions industrielles nationales du fait de cette structure particulière du tissu industriel. L’enjeu de la prochaine décennie sera d’accompagner cette industrie vers un modèle de décarbonation, compétitif et durable.
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L’industrie francilienne affiche une baisse régulière de ses émissions de GES, particulièrement prononcée sur la période récente : -47 % entre 2015 et 2022, contre -20 % pour l’ensemble de l’industrie française, et -23 % pour les émissions totales de l’Île-de-France tous secteurs confondus. Les arrêts définitifs de production en 2022 des sites les plus émetteurs, à savoir la raffinerie TotalEnergies à Grandpuits, l’usine de production d’ammoniac LAT Nitrogen, et la cimenterie Calcia à Gargenville, sont la principale cause de cette baisse.
L’électrification de la production de chaleur, un levier stratégique
À l’échelle des 25 sites franciliens encore soumis au marché carbone européen en 2024, leurs émissions cumulées (573 000 tCO₂e) sont à elles seules ce qu’émettait l’unité de production d’ammoniac LAT Nitrogen avant sa fermeture. Ces sites concentrent aujourd’hui 44 % des émissions industrielles régionales — ce qui en fait des cibles prioritaires pour les politiques de décarbonation.
La combustion d’énergie fossile pour la production de chaleur industrielle (gaz naturel, principalement) reste la première source d’émissions directes, en particulier dans les secteurs suivants : aciéries électriques, industrie du verre, plâtrerie, agro-alimentaire.
L’électrification de la chaleur industrielle, rendue possible par la nature déjà très décarbonée de l’électricité en France (≈ 95 %), apparaît comme le levier le plus robuste pour viser la neutralité carbone à horizon 2050.
Les technologies mobilisables pour la majorité des besoins (chaudières électriques, pompes à chaleur industrielles, fours électriques ou hybrides), les potentiels d’électrification à moyen terme (2030–2035) pour 80 à 90 % de la chaleur industrielle, et enfin, la possible complémentarité de filières alternatives (biogaz, biométhane, matériaux recyclés) pour les process difficilement électrifiables, ainsi que l’innovation autour de matières premières bas-carbone (substituts à des carbonates, augmentation du recyclage du calcin dans le verre), autant d’aspects qui légitiment cet objectif d’électrification.
Des grands sites engagés mais un tissu de 18 000 TPE-PME à mobiliser
A très court terme (2030), il s’agit d’atteindre la décarbonation partielle et progressive des grands sites, par l’activation de leviers technologiques éprouvés, aux risques techniques et financiers limités et maîtrisés : optimisation de process, gains d’efficacité énergétique, récupération et réutilisation de chaleur fatale, hausse du taux de matériaux recyclés dans les produits, électrification partielle de certains procédés, etc. La plupart des sites sont d’ores et déjà engagés dans cette phase.
L’accent mis ici sur les sites industriels franciliens les plus émetteurs ne doit pas faire oublier l’enjeu de travailler en parallèle à la décarbonation des 18 000 autres établissements industriels dispersés sur tout le territoire régional, dont une très grande majorité de TPE-PME qui individuellement n’émettent que très peu de GES, mais collectivement comptent pour plus de la moitié des émissions industrielles de l’Île-de-France.
A propos de L’Institut Paris Région
L’Institut Paris Région est la plus grande et la plus ancienne agence française d’urbanisme, d’étude et de prospective, qui accompagne les collectivités franciliennes dans la mise en oeuvre de politiques publiques adaptées aux enjeux du territoire.
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