Le 12 septembre, l’unité n°1 de la centrale de Paluel a été reconnectée au réseau. C’est le premier réacteur du palier 1 300 MW à franchir sa quatrième visite décennale. La prolongation du parc entre ainsi dans sa phase d’exécution, avec ses calendriers d’arrêt et ses besoins en compétences.
Tout s’est joué en amont : plus de 60 % des travaux de modification liés à la visite avaient été engagés dix-huit mois avant l’arrêt du réacteur. SITES, entreprise du groupe Everenn, a mobilisé une dizaine de collaborateurs en assistance technique dès 2025, sur la source froide et la sectorisation incendie. Elle a ensuite contribué à l’épreuve enceinte, l’un des contrôles réglementaires qui conditionnent le redémarrage.
Le rythme s’accélère. Sur les cinq épreuves enceintes réalisées en France en 2026, SITES en aura mené quatre, à Paluel 1, Cruas 4, Flamanville 3 et Gravelines 5, auxquelles s’ajoute celle de Koeberg 2, en Afrique du Sud. Jadis ponctuelles, ces épreuves deviennent un flux régulier, qui suppose des équipes spécialisées en nombre suffisant.
Cette expertise s’appuie sur près de trente ans de surveillance du génie civil du parc : inspection des structures, suivi des fissures, contrôle de l’étanchéité des passages de câbles et de conduites, instrumentation, traitement de l’obsolescence des systèmes de monitoring. Les équipes rouvrent aujourd’hui des rapports d’expertise vieux de près de trois décennies pour comparer l’évolution des mêmes ouvrages. Dominique Reith, directeur général délégué de SITES, estime que cette continuité permet d’anticiper le vieillissement plutôt que de simplement le constater. Drones, vols automatisés et bases de données enrichissent désormais cet historique, et la donnée de surveillance devient un actif au même titre que le béton qu’elle décrit.
Ce retour d’expérience nourrit déjà les EPR2. SITES intervient à Penly, Gravelines et Bugey avec une vingtaine de collaborateurs, de la préparation des chantiers aux sondages et essais géotechniques, en passant par l’instrumentation, la topographie et la conception des futurs systèmes de monitoring. L’objectif est d’intégrer dès la conception l’accessibilité des zones de contrôle et l’instrumentation au génie civil, pour une surveillance pensée au-delà de soixante ans.
Pour les professionnels des travaux publics, le message est double. Les prochains chantiers nucléaires ne se limiteront pas au neuf : ils incluront la maintenance lourde d’un parc vieillissant, qui sollicite terrassement, génie civil, auscultation et métrologie. Et celle des futurs réacteurs se prépare dès aujourd’hui.
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