SVDU, le syndicat national du traitement et de la valorisation des déchets urbains et assimilés, présente une série de propositions pour favoriser l’amélioration de la performance des 127 incinérateurs en activité en France.
"Cela nous permettrait de produire 10 TWh/an supplémentaires d’ici 2017 grâce à l’incinération des déchets ménagers, sans brûler 1 t de déchets supplémentaire ni augmenter la capacité des incinérateurs", explique Luc Valaize, président du SVDU (en photo). Actuellement, 13 Mt de déchets domestiques et industriels sont valorisés chaque année sous forme de chaleur (2/3) et d’électricité (1/3) par la production de 11 TWh d’énergie "soit l’équivalent de production d’un réacteur EPR", illustre Luc Valaize. "Nous pourrions doubler notre rendement en exploitant la valorisation de la chaleur par le raccordement à un réseau de chauffage urbain, à une installation industrielle ou agricole." Afin d’inciter les 127 exploitants – collectivités locales – d’incinérateurs à améliorer ainsi leur rendement, SVDU présente trois propositions aux pouvoirs publics. "Il faudrait réviser le tarif d’achat de l’électricité, en supprimant par exemple le bonus hiver, ce qui inciterait les exploitants à produire de la chaleur au moment où les besoins sont les plus importants", plaide le SVDU. "Nous demandons aussi l’exonération de TGAP pour les incinérateurs ayant plus de 60% de rendement énergétique. Cette exonération pourrait être compensée par le renforcement de la TGAP pour les installations de traitement ayant les moins bons rendements." Enfin, le SVDU demande la pérennisation du fonds chaleur de l’Ademe ; outil facilitant la création et l’extension de réseaux de chaleur.
30 TWh/an avec les CSR
Afin d’appuyer ces demandes, le syndicat illustre ses requêtes avec des exemples concrets. Plus d’une vingtaine de sites ont été identifiés avec création, raccordement ou extension de réseaux de chaleur, alimentation de serres, etc. "A Créteil, la construction de deux échangeurs de 10 MW chacun permet d’augmenter de 27% la fourniture de l’usine et d’améliorer la performance énergétique jusqu’à un taux de 82%", se félicite Luc Valaize. Enfin, le SVDU se positionne clairement en faveur de la valorisation des CSR dans les 5 prochaines années, en adaptant les chaufferies biomasse ou en créant des centrales thermiques dédiées, "ce qui permettrait une valorisation des déchets pour une production maximale d’énergie, à concurrence de 10 à 30 TWh/an. C’est l’équivalent de deux EPR", conclut Luc Valaize.