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Olivier Saint-Paul : « ouvrir le C-Mat aux matériels du Bâtiment »

CH. RAYNAUD, LE 30 OCTOBRE 2026
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Olivier Saint-Paul : « ouvrir le C-Mat aux matériels du Bâtiment »
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Élu le 15 septembre dernier à la présidence C-Mat, Olivier Saint-Paul succède à Davy Guillemard (Volvo CE). Membre du bureau depuis 2008, il veut notamment faire du syndicat des matériels de construction une organisation « référente » et l’ouvrir davantage aux matériels dédiés au Bâtiment.

Vous avez passé l’essentiel de votre carrière dans la fabrication et la mise en œuvre du béton, chez Putzmeister France. Qu’est-ce que ce parcours vous apporte pour présider un syndicat qui couvre l’ensemble des matériels de construction ?
O. Saint-Paul : Je suis investi depuis longtemps dans le Syndicat. Ce qui compte, ce n’est pas l’entreprise d’où l’on vient, c’est la motivation à faire avancer les choses. Historiquement, le C-Mat a surtout été actif sur les matériels de Travaux publics, mais c’est aussi ouvert depuis plusieurs années sur les Matériels liés au Bâtiment. Mon objectif est de l’ouvrir encore davantage aux matériels dédiés au Bâtiment. Mon rôle est de défendre toutes les familles de matériels. L’une de mes grandes orientations sera donc de continuer à développer notre activité vers l’écosystème du Bâtiment et la FFB (Fédération française du bâtiment).

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Davy Guillemard vous laisse un syndicat plus représentatif, avec des analyses de marché plus développées et des travaux lancés sur la décarbonation. Qu’est-ce que vous voulez prolonger, et qu’est-ce que vous ferez différemment ?
Nous ne sommes pas là pour « renverser la table ». Le Syndicat était connu, puis il a été reconnu : nous voulons maintenant qu’il devienne une organisation référente ! Cela passe d’abord par la modernisation de l’Observatoire C-Mat, lancé il y a trois ans. Une nouvelle version sortira en 2027, pour en faire un véritable outil d’aide à la décision. Elle offrira à nos adhérents une cartographie détaillée des marchés, enrichie d’analyses, de tendances et de données. La transition énergétique est un autre gros chantier. Dans ce domaine, le problème ne vient pas de l’offre disponible sur le marché, mais de la demande et des aides à l’électrification pour bâtir un modèle économique viable. Par ailleurs, chaque adhérent doit pouvoir se reconnaître dans notre fédération. Or certains matériels dédiés au Bâtiment n’y sont pas encore représentés, nous allons travailler à combler ce manque.

Le passage de Seimat à C-Mat traduit un champ d’action élargi aux matériels, aux services et aux solutions. Qu’est-ce que cela change concrètement pour vos adhérents et pour vos interlocuteurs ?
Une machine ne travaille plus seule sur un chantier. Elle est désormais accompagnée de technologies et de logiciels, de plus en plus importants, qui entraînent l’arrivée d’équipements complémentaires. Nous devons les prendre en compte : détection des personnes, Data Act, cybersécurité, solutions de guidage, etc.

Avec 41 entreprises, 54 marques et plus de 80 % du marché, C-Mat est déjà très représentatif. Comment comptez-vous accroître votre influence ?
Il est essentiel d’aller à la rencontre des univers de matériels moins présents au sein du Syndicat. Nous allons donc porter nos efforts sur l’univers bâtiment, pour toucher davantage ce secteur. Nous nous appuyons aussi sur une gouvernance plus participative, avec Jean-Christophe Savoyet (Liebherr) pour les Travaux publics et Christian Chauche (Imer) pour le Bâtiment, élus le 15 septembre en même temps que moi. C-Mat doit montrer la valeur ajoutée d’adhérer à un syndicat professionnel, en répondant concrètement à leurs besoins. Nous devons aussi utiliser notre représentativité pour porter les messages de la profession : transition écologique (nous sommes en discussion avec l’Ademe), décarbonation des matériels, aides à l’investissement. Notre but est de vivre de la diversité et de la richesse de nos métiers. Nous partageons les mêmes enjeux, qu’il s’agisse d’innovation, de réglementation ou de sécurité. Et nous apportons à notre écosystème un véritable savoir-faire métier.

Quelles évolutions prévoyez-vous, et que disent aujourd’hui les chiffres des matériels ?
Pour le béton, après une année 2025 catastrophique, le marché se redresse à deux chiffres. Mais cela ne traduit pas un redémarrage de l’activité, puisque nous partions de très bas. Il s’agit plutôt d’un renouvellement de matériels que d’investissements dans de nouvelles bétonnières. Pour les autres matériels, nous devrions afficher une progression comprise entre 0 et +3 % en fin d’année, avec de fortes disparités selon les familles. Côté évolutions, les problématiques liées à l’eau apparaissent de plus en plus nettement sur les chantiers, comme l’ont montré les interdictions et restrictions de cet été. Il faut réfléchir avec les fabricants de mortiers à la réduction de la consommation d’eau dans leurs produits, et à l’augmentation du recyclage des eaux usées, entre autres. C’est là que le Syndicat a un rôle à jouer : arriver avec une position commune, en travaillant avec les syndicats utilisateurs de ces matériels.

Comment se porte ce marché dans un bâtiment en recul ? Et quelle visibilité avez-vous pour 2027 ?
Le manque total de perspectives pèse fortement sur le renouvellement et l’achat de matériels. Et l’élection présidentielle, suivie des législatives, n’arrangera rien. Le salon Intermat, qui se tiendra entre les deux tours, servira de plateforme pour faire passer nos messages aux instances politiques.

Où en est l’électrification des engins de chantier ? Quels freins restent à lever ?
C’est un sujet suivi dans notre Observatoire, mais les unités sont encore très peu nombreuses, même si cela va changer. Depuis Intermat 2024, on voit bien que l’offre existe. Il reste à trouver le bon modèle économique pour que ces engins s’intègrent aux chantiers. L’énergie est au cœur des préoccupations, mais les solutions ne sont pas encore faciles à mettre en œuvre. Nous défendons le multi-énergie, c’est-à-dire un mix d’usages sur les chantiers : carburants décarbonés, HVO, hydrogène, électrification, etc. Ces technologies entraînent un surcoût, pour lequel il existe des aides. Mais leur mise en place est d’une complexité inouïe : tant que l’administratif ne sera pas simplifié, les parcs ne pourront pas se développer. Le dispositif de suramortissement pose aussi problème : il s’achève fin 2026 et ne figure pas dans le PLF 2027, alors qu’il permettait d’amortir plus rapidement les matériels. Nous demandons qu’il soit prolongé de trois ans, et élargi aux loueurs de matériels.

Quel objectif concret voulez-vous avoir atteint à la fin de votre mandat ?
Je vois trois objectifs. D’abord, que C-Mat se mette encore davantage au service de ses adhérents, via l’analyse des données notamment, et les aide sur les sujets transversaux. Ensuite, que le Syndicat devienne un référent reconnu sur les différents sujets de la profession et des chantiers. Enfin, continuer à travailler ensemble sur la décarbonation et l’innovation, tout en tenant compte de la réalité économique française du moment. Dans ce contexte C-Mat continuera de porter la voix de ses adhérents pour Construire Mieux & Plus Sûr.






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