Le marché de l’emploi dans le bâtiment et les travaux publics évolue dans un contexte particulièrement tendu, marqué par une prudence accrue des acteurs du secteur. Confrontées à des incertitudes économiques persistantes, à un contexte politique instable et à la crise du neuf immobilier, les entreprises adoptent une posture de mise en attente, limitant les prises de risque et les recrutements. Cette prudence généralisée n’a toutefois pas entraîné l’afflux de candidats initialement attendu sur le marché de l’emploi.
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La pénurie de candidats expérimentés et autonomes demeure un enjeu critique pour le secteur. En Île-de-France, l’attachement au diplôme d’ingénieur reste fort et continue de structurer les politiques de recrutement. À l’inverse, dans certaines régions, l’expérience terrain est davantage valorisée, permettant à des profils non ingénieurs d’accéder à des niveaux de rémunération proches de ceux des ingénieurs.
Top 5 des métiers les plus sollicités :
Dessinateur / Projeteur
Ingénieur travaux (entreprise générale/ gros oeuvre)
Ingénieur études de prix (entreprise générale/ gros oeuvre)
Ingénieur travaux (voirie et réseaux divers/ terrassement)
Ingénieur études de prix (voirie et réseaux divers/ terrassement)
Les compétences les plus recherchées/ en demande :
Organisation et planification
Autonomie
Pilotage financier et gestion budgétaire
Leadership et management d’équipe
Rigueur
Le ralentissement du marché du neuf immobilier se confirme, avec une baisse de 21,5 % des mises en chantier selon la FFB. Si la réhabilitation affiche une dynamique positive (+2,8 % pour la rénovation énergétique en 2024), elle ne permet pas de compenser pleinement le recul du neuf et ne génère pas une augmentation significative des opportunités d’emploi. Dans ce contexte, les entreprises du bâtiment font preuve d’agilité, en réorientant leurs activités vers la transformation d’usage et les travaux de service, notamment pour celles historiquement positionnées sur le neuf. La véritable dynamique de croissance provient désormais du secteur industriel. En 2024, plusieurs annonces d’investissements majeurs ont renforcé cette tendance, en particulier dans les datacenters, l’industrie énergétique et les infrastructures industrielles, qui s’imposent comme le principal moteur de croissance dans un marché résidentiel en perte de vitesse.
À l’horizon 2026, les perspectives traduisent une double dynamique : une stabilisation progressive du marché traditionnel, malgré une nouvelle baisse attendue de 12,3 % dans le logement neuf, et l’émergence d’opportunités prometteuses dans l’industrie et les infrastructures numériques, portées par des investissements massifs. Les entreprises capables de diversifier leurs activités, de renforcer leur attractivité et d’anticiper la mutation vers l’industrie et le numérique seront les mieux positionnées pour capter la croissance dans un secteur durablement contraint.