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Granville : la végétalisation et transformation du Cours Jonville

LA RÉDACTION, LE 16 FÉVRIER 2026
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Granville : la végétalisation et transformation du Cours Jonville
Cours Jonville à Granville (50) - crédit Praxys
À Granville (50), la requalification du Cours Jonville réalisée par Praxys illustre comment la végétalisation et la transformation des usages peuvent redonner attractivité et vitalité aux centres-villes commerçants.

Depuis une quinzaine d’années, les centres-villes commerçants traversent une phase de profonde mutation. Évolution des modes de consommation, concurrence du commerce en ligne et des zones périphériques, transformations des mobilités : autant de facteurs qui fragilisent l’équilibre économique de nombreux cœurs de ville. La vacance commerciale, la difficulté à maintenir une diversité d’enseignes et la déshérence de certains locaux ne relèvent pas d’un effondrement brutal, mais d’un lent glissement qui interroge la capacité des centres urbains à rester désirables et fréquentés. Dans ce contexte, l’attractivité ne se résume plus à l’accessibilité automobile ou au nombre de places de stationnement disponibles à proximité immédiate des vitrines. Elle repose de plus en plus sur la qualité de l’expérience urbaine proposée : confort de marche, qualité des espaces publics, présence de nature, possibilités de pause, de rencontre et de déambulation. Un centre-ville attractif est un centre-ville dans lequel on a envie de rester, de revenir, et pas seulement de consommer rapidement. C’est précisément sur ce levier que s’inscrivent les projets de requalification des espaces centraux, en proposant une autre répartition de l’espace public, moins dominée par la voiture et davantage tournée vers les piétons, les mobilités douces et la qualité des usages. La végétalisation n’y est pas un simple décor, mais un outil structurant de transformation urbaine, capable de modifier en profondeur les ambiances et les pratiques. Loin d’opposer commerce et transformation urbaine, ces démarches visent à recréer les conditions d’un usage plus intense et plus qualitatif de l’espace public. Elles invitent à passer d’un centre-ville pensé comme un lieu de transit à un espace de séjour, de rencontre et de sociabilité. Ce changement de regard reste parfois difficile, tant le réflexe « pas de parking, pas de clients » demeure ancré.

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Le projet de requalification du Cours Jonville à Granville illustre pleinement cette transition. Lieu central du cœur de ville, bordé par la mairie et la poste, traversé par le carnaval et animé par le marché, il concentre une grande partie de la vie locale. Sa transformation repose sur une redistribution assumée de l’espace, donnant la priorité aux piétons et aux usages multiples. La réduction de l’emprise automobile libère de nouvelles surfaces pour la nature : rochers, bosquets d’arbres, sols perméables. Ces éléments deviennent supports de fraîcheur, de jeux informels et d’appropriations spontanées. La réintroduction des cycles naturels de l’eau par l’infiltration renforce le confort bioclimatique et la résilience du site. Face aux inquiétudes initiales, les usages parlent d’eux-mêmes : les passants flânent plus longtemps, les terrasses gagnent en attractivité, les événements trouvent un écrin plus généreux. Certains habitants vont jusqu’à semer des graines entre les pavés — signe d’un espace redevenu hospitalier. L’exemple de Granville rappelle une évidence : l’attractivité commerciale repose avant tout sur la qualité de l’expérience urbaine. Végétaliser, c’est rafraîchir, apaiser, inviter à rester. En ce sens, le Cours Jonville démontre qu’un urbanisme du vivant peut être à la fois plus désirable et plus commerçant.

Le Cours Jonville se situe dans le vallon du Boscq à Granville. La rivière qui le dessine, parallèle à la côte, se jette dans le port, en contrebas des remparts faisant face à la mer. Ce cours constitue le cœur de ville, marqué par la présence de commerces et de services. Son réaménagement a pour ambition de l’inscrire dans son temps, tout en préservant la richesse des usages qui le façonnent et l’animent :  son marché, son carnaval, ses terrasses de cafés. Le projet révèle la présence de la rivière. Les sols deviennent poreux pour infiltrer l’eau pluviale, des plantes sont semées dans leurs joints. De nouveaux arbres en bosquets donnent un sentiment fort de nature, créent un ombrage confortable et freinent le vent. Cette végétation s’installe sur un tapis de granit qui évoque le fond du vallon en donnant à comprendre la genèse du lieu.



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