« Les politiques de stop and go ont détruit la visibilité, freiné l’investissement et fragilisé l’emploi », déclare Jean-Christophe Repo, Président de la Capeb, « les artisans du bâtiment avancent sans boussole, ballottés par des dispositifs mouvants et contradictoires, incapables de planifier leurs activités dans la durée ». En 2025, le volume d’activité a reculé de 3,8 % sur l’année. En revanche, depuis cinq trimestres consécutifs, l’entretien-amélioration et la rénovation énergétique stagnent à -1,5 %. La suspension, puis la modification brutale de MaPrimeRénov’, suivies d’une nouvelle suspension en l’absence de consensus autour du budget de l’État, ont eu un impact immédiat sur les décisions de travaux. Pourtant, 79 % des artisans considèrent ce dispositif décisif pour initier les travaux (résultat de la consultation menée par la Capeb auprès de ses adhérents en novembre 2025).
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Pour restaurer la confiance et soutenir la croissance, la Capeb appelle à concentrer les efforts sur l’entretien-rénovation, qui constitue le cœur de la transition énergétique, ainsi que sur l’adaptation des logements au vieillissement de la population et aux nouveaux usages. « Plusieurs signaux sont encourageants », reprend J.C. Repon, « le taux d’épargne des ménages commence à baisser, les carnets de commandes s’allongent, le nombre de défaillances reste contenu et les besoins en trésorerie diminuent à 17 %, contre 22 % au trimestre précédent. Les ventes de logements anciens poursuivent leur reprise et atteignent 929 000 unités, soit 11,3 % de plus sur un an. Il est indispensable de conforter ces tendances favorables ». Ainsi, la Capeb demande au Gouvernement d’inscrire la politique du logement dans une trajectoire claire, du neuf à la rénovation. L’arbitrage de mesures efficaces et stables est indispensable : réouverture des guichets MaPrimeRénov’, finalisation du parcours de rénovation énergétique par étapes, simplification de l’accès à la qualification RGE et instauration des Groupements Momentanés d’Entreprises (GME). Ces mesures, qui ne nécessitent aucun budget supplémentaire, permettront d’accompagner tous les ménages, y compris les plus modestes, et de répondre au défi que la France doit relever en matière de rénovation énergétique. « Le parcours de rénovation énergétique par étapes, porté par la Capeb et bénéficiant du soutien des acteurs de la filière, constitue la seule approche à même de sortir d’une vision court-termiste dans la gestion du dispositif MaPrimeRénov’, pour aboutir à une stratégie pluriannuelle indispensable, permettant d’englober l’ensemble des gestes nécessaires à une rénovation énergétique performante, notamment l’isolation des murs et les solutions de chauffage biomasse », précise J.C. Repon. En effet, le financement de ce parcours, qui mènera à une rénovation complète au terme de 5 années, doit s’appuyer sur la réorientation d’une partie de l’enveloppe MaPrimeRénov’ dédiée aujourd’hui aux rénovations d’ampleur (3,6 Mds), sur les CEE et sur des financements privés via la mobilisation des établissements bancaires. « La mise en place de ce parcours est décisive car il a été construit pour amener l’ensemble des ménages, y compris les plus modestes et très modestes, à s’engager dans la rénovation de leur logement. Un tiers du parc immobilier français, dont 4,8 millions de passoires thermiques, est concerné », insiste-t-il, « rappelons également que 80 % des logements de 2050 existent déjà et devront faire l’objet de rénovations. La rénovation globale ne peut être la seule approche privilégiée tant les besoins sont immenses et le pouvoir d’achat des ménages reste fragile ».
Refondation de la REP : des petits volumes qui doivent absolument être pris en compte
Le dossier de la Responsabilité élargie du producteur (REP) reste central. « Le scénario que le ministre Matthieu Lefèvre retiendra devra impérativement tenir compte des réalités des TPE, en privilégiant le maintien d’une reprise sans frais pour les petits volumes de déchets et un maillage territorial adapté, qui constituent la raison d’être originelle de la REP et une priorité pour les entreprises artisanales », conclut J.C. Repon.
A propos de la Capeb :
La Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb), organisation patronale représentative de l’ensemble des entreprises du bâtiment est l’organisation patronale majoritaire dans l’artisanat du Bâtiment (c’est-à-dire les entreprises inscrites au répertoire des métiers qui emploient ou non des salariés). La CAPEB est la première organisation professionnelle de France en nombre d’adhérents (62 000 entreprises). Elle représente à ce titre : 512 000 entreprises, soit 96 % des entreprises du bâtiment, employant entre 1 et 10 salariés ; 570 000 salariés, soit 45 % des salariés dont 14 % de femmes ; 60 000 apprentis formés dans le bâtiment ; presque la moitié du chiffre d’affaires du bâtiment (47 %).