A l’occasion d’une conférence de presse tenue ce matin à la fédération française du Bâtiment à Paris, Didier Ridoret, son président, a relevé quelques signes positifs pour le secteur, tout en précisant que « le bâtiment reprend des couleurs et entame sa convalescence, mais pour autant, la guérison totale n’est pas encore en vue ! ».
Malgré une conjoncture économique et financière internationale heurtée, les signaux positifs décelés au premier trimestre pour le bâtiment en France se renforcent depuis. On range pêle-mêle dans cet ensemble la hausse confirmée du logement neuf (en rythme annuel, sur les sept premiers mois de 2010, près de 455 000 logements autorisés et 327 000 logements lancés), bien qu’inégalement réparti sur le territoire, le raffermissement des carnets de commandes, le dynamisme des créations nettes d’entreprises ou la modération du recul de l’emploi. L’embellie reste toutefois fragile.
D’une part, en termes de marchés, bien que le rythme de baisse se modère, notamment grâce aux bâtiments publics, le non-résidentiel neuf ressort toujours en recul, mais surtout, l’amélioration-entretien reste, pour l’heure, mal orientée. D’autre part, la mortifère conjonction de prix trop bas et de hausse du besoin en fonds de roulement, porté par la réduction des délais de paiement fournisseurs sans véritable contrepartie du côté des délais de paiement clients, continue d’éroder les trésoreries et de fragiliser les entreprises.
La photographie globale ressort donc très contrastée. Si quelques premiers signes positifs sur l’activité laissent entendre que le bâtiment reprend des couleurs et entame sa convalescence, la guérison totale n’est pas encore en vue, avec des entreprises parfois à la peine du fait de trésoreries exsangues.
Il importe donc, plus que jamais, de ne pas relâcher l’effort en faveur du secteur, afin de soutenir l’emploi et de permettre à l’appareil de production de conserver sa capacité à répondre à toute reprise. En ce sens, les annonces récentes du Chef de l’Etat et du gouvernement quant au maintien de la TVA à 5,5 % pour les travaux d’amélioration-entretien du logement et le lancement du PTZ+ constituent de très bonnes nouvelles.
Didier Ridoret a ensuite refermé le volet économique pour ouvrir celui du social : « l’Assemblée Nationale vient de voter une réforme qui, au-delà de son objectif de redressement des comptes de la retraite par répartition, vise à refonder notre rapport au travail. C’est à long terme son aspect le plus novateur. Après plus d’un siècle de réduction continue de la durée du travail, le report de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans entend signifier que le travail n’est ni une quotité fixée une fois pour toutes, ni une pénitence à laquelle il faudrait échapper au plus vite. Ce serait d’ailleurs une excellente chose que l’examen du projet de loi au Sénat développe cette vision de la réforme ! Ce serait aussi l’occasion de montrer que l’approche de la pénibilité par le biais de cessations anticipées d’activité automatiques et collectives n’est assurément pas la bonne. Que des départs anticipés soient justifiés et nécessaires dans un certain nombre de cas bien identifiés, cela ne se discute pas, mais chercher à faire de la pénibilité un critère en soi de départ à la retraite est, à nos yeux, un contre-sens. La pénibilité doit être éradiquée. C’est pour cela que nous nous inscrivons pleinement dans la démarche de prévention et d’amélioration intensive des conditions de travail. Or, l’ériger en critère de départ anticipé ne ferait que la pérenniser ».
Le Président de la FFB a ensuite abordé un sujet qui pourrait être une vraie source d’inquiétude : la contrefaçon. En effet, c’est un fléau qui concerne également le secteur de la construction. C’est la raison pour laquelle la FFB et la SMABTP, la Société Mutuelle d’Assurance du BTP, ont confié à un cabinet extérieur la réalisation d’une étude complète sur ce thème afin d’en analyser l’ampleur. Les résultats de cette étude seront connus en fin d’année.
Pour conclure, Didier Ridoret est revenu sur les trois grands chantiers de ce mois de septembre à la FFB.
Il y a tout d’abord la marque « Les Pros de la performance énergétique®», qui sera gérée administrativement par Qualibat à partir du 1er octobre et qui monte en puissance. « En effet, nous comptons près de 3 000 entreprises qui sont en cours de démarche pour obtenir ce label. D’ailleurs, nous allons ouvrir très prochainement un site Internet dédié, avec un espace réservé aux artisans et chefs d’entreprises et un autre avec un accès pour le grand public comprenant, entre autres, un répertoire d’entreprises certifiées « Pros de la performance énergétique® » par département », précise Didier Ridoret.
Le deuxième sujet, ce sont les élections aux Chambres de métiers qui se dérouleront du 29 septembre au 13 octobre sur tout le territoire. Avec la liste « Artisans de notre Avenir », la FFB se bat aux côtés de la CGPME pour élire les représentants consulaires, départementaux et régionaux, du secteur artisanal.
Et enfin, comme chaque année depuis maintenant 8 ans, la FFB organisera Les Coulisses du Bâtiment. Les 7, 8 et 9 octobre prochains près de 250 chantiers et ateliers ouvriront leurs portes aux jeunes et au grand public. Ce sera ainsi l’occasion pour les visiteurs de découvrir les métiers et les techniques mises en œuvre par les entreprises du Bâtiment pour répondre aux objectifs du Grenelle environnement.