Situé à Barbès, et grand témoin du désir d’exotisme d’entre deux guerres et de la frénésie cinématographique qui régnait à cette époque, ce cinéma mythique au style néo-égyptien était menacé de démolition. En le rachetant et en lançant une réhabilitation respectueuse de l’édifice, la Ville de Paris témoigne de sa volonté de préserver le patrimoine architectural et culturel des Parisiens.
Le Louxor sera composé de 3 salles de cinéma, d’un café et d’un espace d’exposition. Le maire de Paris proposera au prochain conseil de Paris de donner à la grande salle du Louxor le nom de Youssef Chahine afin de rendre hommage à ce grand cinéaste égyptien.
Mené par l’architecte Philippe Pumain (qui a réalisé notamment la salle de concert symphonique du Théâtre Mariinsky à Saint Petersbourg) avec Fabre/Speller et Christian Laporte, architectes associés, le projet de réhabilitation de cet ancien « Palais du cinéma » (1921), a reçu en 2009 un avis favorable des Architectes des Bâtiments de France et de la Commission du Vieux Paris. L’essentiel de la structure du Louxor ("portiques", plafond à caissons, poutres-échelles) est conservé et renforcé dans la mesure où elle ne présente pas la résistance aux surcharges, tant d’exploitation que climatiques, requises pour un établissement recevant du public. De même, les fondations superficielles existantes n’offrent pas une résistance suffisante du fait de la présence d’anciennes carrières de gypse remblayées sous le Louxor, et doivent, en dehors de tout projet d’aménagement, être reprises par un réseau de micro-pieux fondés à environ 25m de profondeur pour assurer la pérennité de l’édifice. Les balcons, qui ne font pas à proprement parler de la structure primaire, mais sont portés par les piliers en béton des parois, doivent être démolis pour supprimer toutes les transmissions "solidiennes" par les structures du Louxor vers les mitoyens. Il est prévu de les reconstruire au même emplacement, en les désolidarisant totalement des parois existantes.
Les circulations sont intégralement conservées, voire restaurées, dans leurs grands principes : porche extérieur ouvert, hall du RDC, dégagements d’étages, desserte des différents niveaux par 2 cages d’escalier en façade. L’un des escaliers du projet est l’escalier historique principal conservé, le second est un escalier neuf, à l’emplacement d’un escalier existant, mais élargi à 2 unités de passage pour être conforme à la réglementation incendie. Les 2 escaliers sont complétés par la création d’un ascenseur permettant de rendre les différents niveaux accessibles aux personnes à mobilité réduite. Les volumes intérieurs des différents espaces existants sont strictement respectés.
Seule la grande salle fait l’objet d’une légère variation dimensionnelle du fait de la mise en place d’une "boîte dans la boîte" acoustique, seul dispositif susceptible d’éliminer toutes les transmissions phoniques vers les logements voisins directement mitoyens de la salle. La variation dimensionnelle, de l’ordre de 10% en largeur et de moins de 5% en hauteur, ne remet pas en cause la perception globale de l’espace, qui gardera à coup sûr son caractère exceptionnel. Il est à noter que le niveau d’isolement requis n’est pas lié de façon spécifique au programme de cinéma, il est imposé par toute utilisation en Établissement Recevant du Public.
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