Le groupe Alpha, un cabinet de conseil spécialisé dans les relations sociales et le développement local, l’affirme : un système de retraite anticipée pour pénibilité dans le BTP aurait un coût net global de 460 à 560 millions d’euros. C’est un chiffre dévoilé dans une étude prospective qui fait le point sur la pénibilité du travail dans le secteur et sur les mises en retraite. Ce document souligne que, quoiqu’il arrive, peu de salariés exercent jusqu’à 60 ans et que l’on constate un phénomène d’exclusion dès 50 ans, phénomène qui s’amplifie avec le temps. Dans la classe d’âge 55-59 ans, 14 % des individus sont au chômage, 15 % en invalidité et 5 % en maladie de plus de 90 jours. Selon le groupe Alpha, un dispositif de retraite anticipée peut jouer un double rôle de compensation de la pénibilité subie et de prévention des nouvelles atteintes qui pourraient toucher, en fin de carrière, les salariés âgés bénéficiaires d’un tel dispositif. Cela serait également compatible avec une politique d’amélioration des conditions de travail. Cela devrait logiquement créer des flux nouveaux de départs anticipés en retraite mais également limiter les sorties d’activité des populations âgées pour des motifs comme le chômage, l’invalidité ou la maladie. Pour simuler l’impact et le coût du dispositif de retraite anticipé, l’étude se base sur un système de bonification des annuités de retraite pour travaux pénibles avec une anticipation de 5 ans de l’âge de départ possible à la retraite, sur deux hypothèses de taux de bonification des périodes de travail pénible, sur un nombre maximum d’années de bonification de 5 ans sachant que certains dispositifs fixent explicitement un tel nombre maximum (en général 5 ans justement) et sur une durée minimale de travail pénible d’au moins 15 ans qui correspond à ce qui est pratiqué dans la plupart des dispositifs existants Selon les auteurs, le coût global net d’un tel dispositif correspondrait au financement de la période anticipée de retraite des personnes qui seraient restées en activité (jusqu’à 5 ans de plus) sans la mise en place d’un tel dispositif. En régime de croisière, cette population, selon nos estimations, serait comprise entre 36 000 et 44 000 et le coût global net compris entre 460 M€ et 560 M€ (1,9 à 2,3 % de la masse salariale des seuls ouvriers).
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