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Le Bloc Béton parisien, entre patrimoine et environnement

LA RÉDACTION, LE 10 JUILLET 2009
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Le Bloc Béton parisien, entre patrimoine et environnement
Si aujourd’hui les chantiers de construction parisiens sont parmi les plus « écolos » de l’Hexagone, c’est grâce au transport fluvial, aussi efficace que méconnu, hérité du Moyen-âge.
Actuellement, 70 % des maisons en France sont construites avec des blocs béton (appelés aussi parpaings, moellons...). Ces matériaux de construction sont constitués avant tout de granulats (87 % de pierres, graviers et sables), d’eau (6 %) et de ciment (7 %). La grande majorité de ces granulats nécessaires à leur fabrication proviennent des carrières de Montereau (Seine et Marne), situées au sud-est de Paris.
Contre toute attente, l’ensemble du transport de ces granulats est réalisé par voie navigable, depuis les carrières jusqu’au port de Bonneuil-sur-Marne (Val de Marne), grâce aux bateliers indépendants remontant la Seine.
À Bonneuil, les granulats sont déchargés directement dans les usines puis moulés à froid pour fabriquer des blocs béton. Après quelques jours passés à s’endurcir à l’air libre, ces derniers prennent à nouveau le bateau en direction des divers chantiers parisiens.
C’est une spécificité régionale car, à de rares exceptions près, la plupart des transports de matériaux de construction en France se réalise désormais par voie routière.

Une tradition inscrite sur les armoiries de la ville de Paris
Cette tradition du transport fluvial remonte au Moyen Age, où la puissante corporation des marchands de l’eau (les Nautes) gérait la municipalité de Paris. Les armoiries de la capitale représentent d’ailleurs depuis une nef marchande, symbole de ce commerce sur la Seine si influent à l’époque. Si les temps ont changé, ce type de transport demeure toujours d’actualité, surtout à la suite de la récente évolution des mentalités en faveur des valeurs environnementales.
Ainsi, une seule péniche contenant des granulats remplace de 40 à 70 semi-remorques (en fonction de la taille des navires) ! L’émission de CO2 est ainsi réduite de manière impressionnante. L’absence de ces véhicules lourds sur les routes d’Île de France diminue de même le niveau des embouteillages, déjà nombreux sur la région.
Le transport et les émissions de gaz à effet de serre figurent parmi les données essentielles des fiches de déclaration environnementales et sanitaires des matériaux de construction (FDES), seul moyen objectif de comparaison des différents matériaux entre eux, devant devenir obligatoire dès 2012.
Pour les fabricants de blocs béton parisiens, s’approvisionner par voie fluviale, c’est d’abord une volonté d’avancer dans la voie du développement durable, mais en même temps un soutien tacite à un mode de transport millénaire et traditionnel...


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