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ENJEUX ET PERSPECTIVES

« Grave, mais pas désespérée... »

LA RÉDACTION, LE 21 JANVIER 2009
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Tel est le sentiment du président de la FFB, Didier Ridoret qui, à l’occasion d’une rencontre avec la presse le 25 novembre dernier, a dressé un tableau contrasté de l’activité du secteur du bâtiment : plutôt positif pour l’année qui vient de s’achever, plutôt négatif pour celle qui commence. « Avec des carnets de commandes qui s’élèvent encore à 6,9 mois dans le gros œuvre et à 5,6 mois dans le second œuvre, le secteur se révèle pour l’immédiat moins affecté que d’autres, l’année 2008 devant se solder par une réduction de l’activité de seulement 1 % en volume. »
Ce dernier reconnaît toutefois que plus dure sera l’exercice 2009. Le président de la FFB table en effet sur un retrait de l’activité en volume de l’ordre de - 6 % par rapport à 2008. Un chiffre qui cache d’ailleurs des évolutions très contrastées avec : pour le marché de l’entretien amélioration (50 % de l’activité du Bâtiment), une quasi-stabilité « sous réserve que les premiers effets du Grenelle de l’environnement se fassent ressentir » et un recul plus marqué (- 12,3 %) pour la construction neuve, tant en ce qui concerne le non résidentiel public ou privé, que le logement. Ce mouvement résulte d’une baisse des mises en chantier de 14,4 % en 2008, puis de 13,7 % en 2009.
En corollaire, et si ces prédictions venaient à se confirmer, cela pourrait entraîner une perte de 25 000 à 30 000 équivalents temps plein en solde net, y compris l’intérim.
Toutefois, tout n’est pas si noir et la FFB travaille actuellement sur plusieurs pistes pour que l’activité reprenne des couleurs. Ainsi, le président Ridoret exprime deux vœux : le maintien de la TVA à 5,5 % au-delà de son échéance à fin 2010 et que certaines des annonces gouvernementales ne viennent pas aggraver la situation. « Or, si chacun se félicite des mesures prises en matière d’accès au crédit, nous sommes toujours dans l’attente du dispositif envisagé pour assurer un retour à la normale en ce qui concerne l’assurance-crédit, comme annoncé par le président de la République le 23 octobre dernier. »
Autre sujet d’inquiétude : la fameuse question des « LME » ou délais de paiement pour laquelle aucun accord n’a pour l’instant été signé. En effet, si les entreprises sont tenues de payer leurs fournisseurs dans un délai maximum de 45 jours fin de mois ou 60 jours à compter de la date d’émission de la facture, rien ne garantit que leurs clients paieront plus rapidement les travaux réalisés et ce, malgré la loi. La FFB a rappelé le danger que cela pourrait représenter pour bon nombre d’entreprises du bâtiment, sachant que BTP-Banque estime à 8 % le nombre d’entreprises qui pourrait déposer leur bilan à brève échéance si cette loi était appliquée telle qu’elle dès le 1er janvier 2009. « Seul un calendrier d’application progressif sur trois ans permettrait de rendre supportable cette nouvelle mesure. »
Dans le même registre, Didier Ridoret souhaite que l’on arrête la multiplication des taxes : « Taxe RSA, taxe senior, taxe poids lourds, cotisation retraite, taxe participation… n’en jetons plus », fulmine le président de la FFB.
Insistant à nouveau sur l’importance de la rapidité de mise en application des mesures du Grenelle - et notamment de l’éco-PTZ, qui prendra le relais du feu Pass-Travaux – et apportant son soutien à des mesures qui devraient relancer la construction, comme la récente proposition de Christine Boutin sur une TVA à 5,5 % sur les logements neufs, le président de la FFB a conclu sur une note positive : « Si l’éco-PTZ est instauré à bref délai, nos prévisions plutôt pessimistes pourraient très probablement et heureusement être démenties. »


► Les bâtisseurs en apnée

Les mises en chantier de logements en France ont reculé de 20,6 % entre août et octobre, par rapport à la même période un an plus tôt, et les ventes de logements neufs ont chuté de 44 % au cours du troisième trimestre, a annoncé mardi le ministère de l’Écologie. Le nombre de permis de construire (110 204 unités) a également baissé de 24,4 % entre août et octobre. 93 922 mises en chantier seulement ont été dénombrées sur ces trois mois. Pour le seul mois d’octobre, la chute des mises en chantier (30 368 unités) est de 22,6 %. Sur les douze derniers mois (novembre 2007 à octobre 2008), le nombre de mises en chantier est en repli de 14,3 %, avec 378 158 unités, et le nombre de permis de construire recule de 24,4 % (459 251 unités).
L’année 2008 devrait se terminer avec environ 365 000 mises en chantier, contre 435 000 en 2007, soit une baisse de 16 %. En 2009 on ne devrait pas dépasser les 330 000 mises en chantier, alors que pour répondre à la demande de logements non satisfaite en France, l’objectif affiché du gouvernement était de construire 500 000 nouveaux logements par an.
Cette chute de la construction fait suite à un effondrement des ventes des logements neufs.
Au troisième trimestre 2008, un peu moins de 16 300 logements ont été vendus, soit 44 % de moins qu’au troisième trimestre 2007, après une baisse de 33,9 % au deuxième trimestre. Du quatrième trimestre 2007 au troisième trimestre 2008, le nombre de ventes s’élève à près de 93 000. Le recul est de 29,2 % par rapport aux quatre trimestres précédents.


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