Après bien des vicissitudes, la construction des 150 km de l’autoroute A65 Langon/Pau entre dans une phase active. Les plus gros travaux de terrassement sont attendus pour le début de l’année 2009.
Pour Eiffage Travaux Publics, si le viaduc de Millau a constitué le point d’orgue de la réalisation de l’A75, les équipes « Grands Travaux » d’Eiffage TP participent à d’autres chantiers d’envergure à l’exemple de l’A65 Pau-Longon qui vient de démarrer… sans précipitation.
En effet, alors qu’A’liénor, le groupement d’entreprises a qui a été concédé la future A65, souhaitait entreprendre les travaux dès les premiers mois de 2008, le conseil national de la protection de la nature (CNPN), a rendu un avis défavorable le 20 mars dernier, obligeant le concessionnaire à revoir sa copie.
Ainsi, avec un peu de retard, la construction des 150 km de l’autoroute A65 Pau-Longon devrait entrer dans une phase active dès le début de l’année 2009, même si des travaux de « confort » ont d’ores et déjà commencé, notamment au niveau des ouvrages d’art sur de nombreux points du tracé. Parmi la vingtaine d’ouvrages de franchissement qui vont jalonner le tracé, le plus important est certainement le viaduc de Lalonquette-Claracq au franchissement de la vallée du Gabas. Un ouvrage de 444 m de long comportant 6 piles dont la plus haute culmine à 30 m. L’autoroute empruntera le tracé de la déviation de l’Air-sur-l’Adour (gratuite) dont la mise en service est prévue en 2009.
Le chantier de l’A65 apparaît déjà comme une opération de très grande envergure à réaliser en seulement deux ans, d’où la mise en œuvre de moyens techniques colossaux. « La dimension hors norme du projet doit être en effet prise en compte pour le mener à bien », relate Michel Oléo, directeur du GIE A65 Pau-Longon. Raison pour laquelle les 150 km du tracé ont été scindés en 6 lots de TOARC (terrassement, ouvrages d’art et rétablissement des communications) d’environ 25 km chacun, taille suffisante pour que les pilotes de chaque tronçon puissent avoir une vision globale des tâches à effectuer. « Ce découpage a été également appliqué au niveau de la conception du projet, précise Michel Oléo, avec, en prime, un regroupement des TOR deux à deux, soit trois secteurs : sud, centre et nord. »
Côté logistique de terrain, dès le début de l’année 2009, une véritable armada d’engins de terrassement devrait entrer en scène sur l’ensemble des trois sections concernées. Au total : 4 échelons de motorscrappers, 12 échelons de grosses pelles, 8 échelons de pelles moyennes et 10 échelons de traitement de sol…, soit 500 engins au plus fort des travaux pour la mise en œuvre des 14 millions de mètres cubes de déblais, dont 10 de remblais, 2 de décapage et 1,5 de couche de forme. Sans compter l’utilisation de 150 000 t de chaux et autant de liant hydraulique pour le traitement des terrains relativement argileux et limoneux, en particulier au sud. Par contre, en partie nord, le sable qui constitue la grande majorité de la section devra être « encagé » dans deux buttes de matériaux porteurs pour assurer la stabilité de la chaussée.
► Les supers périphériques de Toulouse et Bordeaux victimes du développement durable
Si l’autoroute A65 se « met en route » avec d’infinies précautions afin de préserver les zones les plus sensibles traversées par le tracé, les grands contournements autoroutiers de Toulouse et de Bordeaux, deux projets très attendus par les élus des régions Midi-Pyrénées et Aquitaine et plus encore par les entreprises elles-mêmes, semblent être tombés dans les oubliettes, victimes expiatoires du développement durable. Selon J-L Boorlo, « ces deux projets ne correspondent plus en effet aux enjeux du Grenelle de l’environnement ». Quant aux représentants des fédérations nationales des travaux publics de Midi-Pyrénées et d’Aquitaine, Pierre Meunier et Jean-Yves Guillard, ils ne cachent pas leur déception, considérant ces deux projets comme indispensables pour les deux capitales du Grand Sud-Ouest, « aussi bien pour soulager la rocade de Bordeaux que pour irriguer les départements limitrophes à Toulouse, le Gers, le Tarn et le Tarn-et-Garonne ».