Après la réhabilitation en profondeur de Bordeaux et en particulier de ses quais, la construction du tramway et celle du nouveau pont ferroviaire qui enjambe la Garonne, Alain Juppé s’attaque à un tout autre grand chantier, celui du futur quartier Euratlantique. Il faudra néanmoins attendre début 2009 pour savoir a quoi il ressemblera. Ce nouveau quartier d’affaires à cheval entre Bègles et Floirac au sud de Bordeaux devrait créer entre 10 000 et 15 000 emplois.
Rivalité quand tu nous tiens… Les grandes agglomérations françaises rivalisent de projets pour attirer à elles le plus grand nombre de citoyens et détenir ainsi la palme de la meilleure croissance démographique au profit de l’économie régionale. Les TGV et autres LGV sont en quelque sorte les bras armés de leur politique. C’est ainsi que Bordeaux et Toulouse, deux villes depuis toujours en concurrence, se préparent à la venue de la LGV Sud Europe Atlantique, en 2015 pour l’une, en 2017 pour l’autre. Pour Alain Juppé comme pour Alain Rousset, l’arrivée de la ligne à grande vitesse est une formidable opportunité de développement économique pour la ville. C’est pourquoi l’actuel maire de Bordeaux souhaite créer, à proximité de la gare, « un centre d’activités de dimension européenne », pendant d’Euralille à Lille et, dans une moindre mesure, d’Euroméditerranée à Marseille.
Baptisé « Euratlantique », la construction de ce nouveau quartier d’affaires autour de la gare Saint-Jean rénovée, devrait permettre de créer de 10 000 à 15 000 emplois. Selon les différents projets, il pourrait s’étendre sur un périmètre plus vaste encore, compris entre Bègles et Floirac en rive droite de la Garonne. Si son concurrent socialiste Alain Rousset approuve ce vaste projet, il reproche à son adversaire UMP de ne pas avoir bien préparé ce dossier. « Le problème est que pour réaliser un centre d’affaires, il faut analyser les besoins des entreprises pour savoir ce qu’elles attendent, et cela n’a pas été fait. »
Les élus concernés, réunis en comité de pilotage, ont tout juste enclenché le choix du mode de portage du projet. Unanimes sur le principe d’une « opération d’intérêt national », ils espèrent y associer la SNCF, RFF et le port de Bordeaux, principaux propriétaires fonciers du secteur.
Reste à convaincre définitivement le ministre de l’Aménagement durable, Jean-Louis Borloo, qui semble d’ailleurs l’être puisqu’il vient d’annoncer l’accord de principe de l’État pour que soit lancé le projet dès 2009.