Si comparaison devait être faite en termes d’emplois et d’activité, la LGV Sud-Europe Atlantique est aux régions de l’Arc Atlantique ce que le canal Seine-Nord Europe est aux départements du Nord et de l’Ouest de la France. Et comme le canal, cette nouvelle LGV constituera l’un des plus importants projets en partenariat public privé lancé en Europe en matière d’infrastructure de transport ferroviaire.
En première phase, priorité est donnée aux 303 kilomètres de ligne nouvelle à grande vitesse entre Tours et Bordeaux dont l’investissement est déjà évalué à 7,2 milliards d’euros courants, c’est-à-dire aux conditions économiques de 2016, date en principe prévue pour la fin des travaux. Avec elle, Réseau Ferré de France (RFF) démontre ainsi sa capacité à proposer des solutions de financement innovantes dans la réalisation des grands projets structurants ferroviaires grâce à un partenariat public privé (PPP).
En effet, le concessionnaire désigné de la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique devra assurer à ses risques, la conception, la construction, l’entretien, l’exploitation et le financement du projet. En contrepartie, il disposera des recettes produites par l’exploitation de la ligne.
Rappelons que le projet a pour but, non seulement de mettre Bordeaux à 2 heures de Paris, mais aussi de libérer la ligne existante pour fluidifier les trains de marchandises et les TER. À plus long terme, le prolongement de la ligne vers la péninsule ibérique permettra de rejoindre Madrid et Lisbonne via la façade atlantique, en favorisant le transfert de la route vers le rail sur plus de 1 500 kilomètres…
L’appel à candidature
Le 1er mars 2007, Réseau Ferré de France avait publié un avis d’appel public à candidatures en vue de l’attribution d’une concession portant sur la réalisation de la LGV Sud Europe Atlantique de Tours à Bordeaux. Huit mois plus tard, RFF annonçait le nom des entreprises ou groupements d’entreprises « nominés », soit ceux de Bouygues, Eiffage et Vinci, la signature du contrat avec le futur concessionnaire devant intervenir début 2009.
Pour l’heure, les trois groupements ont déposé leur offre auprès de RFF. « L’analyse des offres reçues […] permettra d’arrêter les paramètres définitifs de la consultation en vue du lancement du deuxième tour de la procédure au printemps prochain et de la remise des offres finales à l’été 2009 », a indiqué RFF dans un communiqué. Le coût de l’investissement se montait, en février dernier, à environ 7,2 milliards d’euros, dont 6 milliards dans le périmètre de la concession.
De ligne en lignes
L’État, RFF et les conseils généraux d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées ont signé un protocole d’accord visant à commencer aussi rapidement que possible les études des projets de lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne. L’objectif de RFF est que les travaux puissent démarrer en 2013, dès le bouclage de la ligne Tours-Bordeaux. Les études de ces deux autres grands projets seront accélérées de manière à lancer l’enquête publique à l’horizon du printemps 2011 avec un début de travaux pour ces deux liaisons envisageable en 2013. Un protocole d’accord cadre des « Grands projets du Sud-Ouest (GPSO) » a été proposé par l’État et RFF. Il propose de découper le projet en 3 lots fonctionnels : Bordeaux – Dax – Agen ; Agen – Toulouse ; Dax – frontière espagnole.
Les études et la concertation sur chaque lot seront pilotées par un comité territorial. La coordination entre les 3 lots sera assurée par un comité de pilotage GPSO présidé par le préfet de la région Aquitaine, composé de RFF et des deux présidents des régions Aquitaine et Midi- Pyrénées. Les études, spécifiques à tout projet de ligne nouvelle, portent sur l’amélioration de la desserte du bassin d’Arcachon, de la desserte du Béarn et de la Bigorre, le contournement ferroviaire de Bordeaux, etc. Un plan de financement de la part des collectivités locales d’Aquitaine a été élaboré et sera proposé par le préfet de région et le président du conseil régional afin de démarrer toutes les études début 2008.
► Paroles d’élus…
Lors de la réunion qui s’est tenue à Toulouse en septembre dernier à la préfecture de Midi-Pyrénées, un projet de protocole financier a été proposé en vue de financer les projets de liaison à grande vitesse Tours-Bordeaux, Bordeaux-Espagne, Bordeaux-Toulouse dans le cadre du GPSO (Grand Projet Sud-Ouest). Dans ce plan de financement, la participation proposée par l’État pour ce qui concerne les collectivités locales de Midi-Pyrénées, s’élève à 1,162 Md€. Pierre Izard, président du Conseil général de Haute-Garonne explique : « Suite à cette réunion, je vais proposer à l’assemblée départementale, avec un avis favorable de ma part, d’approuver un engagement, au titre du conseil général de la Haute-Garonne, de 315,4 M€. C’est une décision qui marque notre volonté sans faille de rendre ce projet possible. Les budgets des collectivités ne sont ni extensibles à volonté, ni faciles à équilibrer dans un contexte économique et social très tendu. Mais je suis sûr que chacun tiendra à mettre en œuvre cette grande priorité, qui doit aider notre département et toute notre région à entrer de plain-pied dans le XXIe siècle. » De son côté, Jean Grenet, président de la Cabab et député-maire (UMP) de Bayonne, a tenu à distinguer la ligne Tours-Bordeaux pour laquelle la Cabab est invitée à financer à hauteur de 24,9 M€ les investissements prioritaires, et le GPSO. « Pour le premier, aucun problème car nous voulons affirmer notre solidarité avec ce grand projet. Par contre, en ce qui concerne les lignes Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-frontière espagnole, il ne peut, dans la connaissance actuelle du dossier, y avoir de notre part d’engagement financier. Il est paraît-il question de créer une voie nouvelle entre Labenne et la frontière espagnole. Quel va en être le tracé ? Quid de la desserte de l’agglomération bayonnaise ? Quel en sera le coût réel ? Et Jean Grenet de mettre ses conditions : « nous envisagerons de participer au financement que lorsque nous aurons des réponses claires à ces trois questions. » Autrement dit, pas question de faire un chèque en blanc de 40 M€.
PARTAGER :
Toute l'information de cette rubrique est dans : BTP Magazine
Le magazine de toute l'actualité des constructeurs, distributeurs et loueurs de matériels.