Au-delà d’une satisfaction toute cocardière de voir l’un de nos fleurons du BTP revenir au bercail, le rachat de Razel récemment réalisé par Fayat auprès de l’allemand Belfinger Berger AG pour un montant de 137 millions d’euros, va surtout permettre au groupe bordelais d’avoir pignon sur rue à l’international, et ce, bien plus qu’il ne l’avait alors avec Bec, son autre filiale grands travaux. Razel réalise en effet près de 30 % de son activité à l’export.
Après le rachat de Bomag en 2004, puis celui de Paimboeuf en septembre dernier tout juste digéré – pour ne citer que les « morceaux » de choix –, le groupe bordelais Fayat (2,2 Md€ de CA en 2007) crée une nouvelle fois la surprise en se portant acquéreur de Razel, (447 M€ de CA en 2007, 4 600 collaborateurs), filiale du groupe allemand Bilfinger Berger AG depuis 1995. L’accord de cession qui vient d’être signé entre les deux protagonistes reste néanmoins soumis à l’autorisation des autorités compétentes en matière de concentration.
L’acquisition de Razel pour environ 137 millions d’euros, présente de nombreuses complémentarités – voir similitudes – avec la filiale Bec en ce qui concerne les activités purement BTP du conglomérat familial, tant en termes de métiers que de présence géographique. En revanche, Razel, acteur historique de la profession, se démarque à l’export, où il réalise aujourd’hui 29 % de son activité, principalement en Afrique où il a d’ailleurs fait une grande partie de ses classes. « Ce rachat va nous permettre de densifier notre présence sur les marchés du BTP et nous ouvre la voie à la réalisation de plus grands projets, en particulier à l’export », précise Clément Fayat. Rappelons que Fayat qui, outre Bec, détient plusieurs sociétés de fondations spéciales dont Sefi-Intrafor, s’était également mis sur les rangs en tant qu’éventuel repreneur des parts détenues par l’espagnol Sacyr dans le groupe Eiffage. Ainsi, on se demande bien jusqu’où le groupe familial bordelais va pousser son avantage sur l’échiquier du BTP.