La LGV Rhin-Rhône, futur grand carrefour ferroviaire de liaisons entre le Nord de l’Europe (Benelux, Allemagne, Suisse) et le Sud (Espagne), se développe sur un linéaire de 425 km. Depuis Dijon, le tracé se partage en trois branches : la branche Est, tronc commun de 190 km, constitue la première étape, dont 140 km ont été lancés en première phase des travaux.
Les tronçons de la branche Est traversent trois régions : la Bourgogne, la Franche-Comté et l’Alsace.
Sur cette branche Est, 13 viaducs sont désormais en cours de construction. La pose du tablier pour certains d’entre eux permet déjà de se rendre compte de l’attention qui est portée à leur insertion dans leur environnement naturel.
Les 140 kilomètres de la branche Est de la LGV Rhin-Rhône présentent de nombreux ouvrages dont la plupart sont réalisés en ouvrages courants (ponts-rails, ponts-routes, buses, dalots). Par contre, plusieurs viaducs dits exceptionnels permettent de plus grands franchissements comme ceux des vallées ou des cours d’eau comme la Saône ou l’Ognon qui nécessitent la construction de grands viaducs à la conception plus poussée. Parmi ces OA, le plus long est le plus emblématique est celui de la Savoureuse qui franchit l’A36 entre Belfort et Montbéliard dont les travaux de fondations ont débuté en octobre. Sa situation particulière avait incité Réseau Ferré de France (RFF), maître d’ouvrage de l’opération TGV Rhin-Rhône, à faire appel à des groupements composés de bureau d’études et d’architectes pour concevoir un projet original se démarquant des autres ouvrages du tracé. Parmi les sept études de définition examinées par un jury d’expert et d’élus locaux, c’est le projet élaboré par le bureau d’études Jean Muller International et le cabinet d’architectes anglais Wilkinson & Eyre qui a été retenu.
Pour construire une « image de ligne » cohérente de bout en bout, RFF a incité ses deux maîtres d’œuvre, Setec pour les tronçons A et C (extrémité Est et Ouest de la ligne) et Egis Rail pour le tronçon B (partie centrale du tracé) à faire appel à des cabinets d’architectes afin de définir le design des douze autres viaducs. « Nous avons souhaité penser l’esthétique des viaducs de la LVG, leur insertion dans les paysages avant de confier les travaux aux entreprises prestataires : GTM, Eiffage TP, Demathieu et Bard, Eiffel », explique Hugues Nollet chargé d’opérations ouvrages d’art chez RFF.
Les deux cabinets d’architectes sélectionnés, le cabinet Lavigne pour les tronçons A et C, et le cabinet Stratès pour le tronçon B, ont travaillé en étroite collaboration pour définir une allure générale et cohérente : la rive d’ouvrage, le design des piles des viaducs inspiré des ponts ferroviaires du 19ème siècle, le tablier mixte composé d’une charpente métallique constituée de deux poutres parallèles, une couleur rouge vermillon pour colorer les charpentes métalliques des viaducs. Compte tenu de la forme particulière de ses piles, associant un socle en béton et des béquilles en métal, les parties métalliques du viaduc de la Savoureuse seront de couleur grise.
Concentré d’innovations sur la LGV Rhin-Rhône
Les opérations de construction de la branche Est de la LGV Rhin-Rhône ont été lancées dès 2006. Pour le TOARC B, l’un des premiers à avoir été attribué, mais aussi l’un des plus importants avec ses 37 km de long, le groupement d’entreprises mené par GTM GCS et sa filiale GTP Terrassement, est prêt à relever tous les défis. D’autant que les travaux se déroulent dans un environnement géologique difficile, ponctué par la présence de zones de terrain compressible nécessitant l’emploi de techniques innovantes comme par exemple l’utilisation de géotextiles de renforcement TenCate Rock Pec. Géologiquement, le tracé est argilo calcaire pour le tronçon A, jurassique avec présence de calcaire pour la première moitié du tronçon B et marneux avec de nombreuses vallées à franchir pour la seconde moitié des tronçons B et C. Avec ses 37 km de long, le lot B3 se divise en deux zones distinctes : l’une, de 25 km environ située à l’Est, se compose de sols fins et tire sa complexité de 21 formations géologiques identifiées ; l’autre, de 12 km, à l’ouest, touche des massifs calcaires avec présence de cavités dans des sols karstiques. Au total, le groupement devra mettre en oeuvre en déblais/remblais pas moins de 13 millions de mètres cubes de matériaux, 10 à l’Est, 3 à l’Ouest. Afin de réaliser cette prouesse dans les délais impartis (12 mois), ce sont plus de 600 hommes et 200 engins de chantiers qui sont mobilisés. Sur la zone Est, en phase préparatoire, ce sont les opérations de traitement de sols qui dominent largement. En fait, il est prévu l’excavation de 10 millions de mètres cubes de matériaux, dont 6 millions seront mis en dépôt et 4 millions réutilisés. Pour remplir ses imposants objectifs de production, GTM Terrassement, aux avant-postes du chantier, mise sur ses acquis, tant en matière de technologies que de respect de l’environnement et de solutions variantes pouvant permettre d’optimiser les coûts des travaux, notamment par l’emploi de géotextiles de renforcement dans les zones compressibles ou pour des ouvrages spécifiques.