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Méthamoly : quand la méthanisation dynamise la transition énergétique locale

LA RÉDACTION, LE 22 OCTOBRE 2026
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Méthamoly : quand la méthanisation dynamise la transition énergétique locale
Crédit @grdf_florent_hénon
Huit ans après sa mise en service, l’unité de méthanisation de Saint-Denis-sur-Coise (Loire) illustre la capacité d’un projet agricole à structurer une filière énergétique locale. Avec plus de 13 GWh de biométhane produits chaque année, dont une partie contribue à alimenter les transports, Méthamoly associe production d’énergie renouvelable, valorisation des biodéchets et développement économique des Monts du Lyonnais.

Produire du gaz vert, alimenter des autocars et valoriser des matières organiques locales : à Saint-Denis-sur-Coise, Méthamoly concrétise depuis 2019 une approche territoriale de la transition énergétique. L’unité injecte chaque année plus de 13 GWh de biométhane dans le réseau de distribution, soit l’équivalent de la consommation de 2 800 foyers. À cette production s’ajoutent 20 000 tonnes de digestat valorisées comme fertilisant organique et, depuis 2026, une activité de récupération du CO₂ biogénique.
La réussite du projet repose sur la coopération entre agriculteurs, collectivités et acteurs économiques. Initié en 2012 avec le soutien du syndicat des Monts du Lyonnais (Simoly), il a été porté par l’agriculteur Alois Klein, qui a fédéré six exploitations agricoles. Suez, Énergie Partagée Investissement et la SEM Soleil ont également participé à cette dynamique. Huit ans après son démarrage, le site témoigne de la manière dont la méthanisation peut dépasser la seule production énergétique pour contribuer à l’évolution des usages sur un territoire.

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Du gaz renouvelable pour les transports locaux
L’un des débouchés concrets de cette production est la mobilité. Une station BioGNV, implantée à proximité immédiate du méthaniseur et en service depuis 2020, permet d’avitailler des véhicules avec du gaz renouvelable produit localement. L’autocariste Maisavia y approvisionne cinq véhicules affectés à la ligne C1 reliant Saint-Symphorien-sur-Coise à Saint-Étienne, ainsi que dix véhicules assurant des transports scolaires pour Sytral Mobilités dans les Monts du Lyonnais. La station alimente également d’autres lignes opérées pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Pour les transporteurs, la disponibilité d’un point d’avitaillement de proximité facilite le recours au BioGNV et complète les installations privées des dépôts. Maisavia exploite aujourd’hui une centaine de véhicules roulant au GNV ou au BioGNV, soit 30 % de sa flotte. L’entreprise souligne l’importance de la continuité de service et de la stabilité des tarifs pour inscrire cette transition dans la durée.
Le projet bénéficie de l’engagement des collectivités. La Communauté de communes des Monts du Lyonnais a notamment participé au financement de la station, dans le cadre de sa stratégie de territoire à énergie positive. La Région Auvergne-Rhône-Alpes a également soutenu le développement de la mobilité au gaz, notamment à travers le dispositif GNVolont’air. Le méthaniseur s’inscrit ainsi dans une démarche où la production locale d’énergie trouve des débouchés dans les transports et contribue à réduire leur dépendance aux carburants fossiles.

Une économie circulaire ancrée dans l’agriculture
L’équilibre du site repose aussi sur la proximité de ses approvisionnements. Les effluents d’élevage des six exploitations partenaires représentent environ 12 000 t par an, soit plus de la moitié des matières entrantes. Les 10 000 t restantes proviennent de biodéchets collectés auprès de cantines et d’industries agroalimentaires du territoire.
Ces matières organiques sont transformées en biométhane et en digestat, restitué aux sols comme fertilisant. Ce fonctionnement associe traitement de biodéchets, production d’énergie renouvelable et valorisation agricole. Il apporte également un complément de revenus aux exploitations partenaires. Pour Suez Organique, qui fournit une partie des matières et accompagne le développement du site, la méthanisation agricole contribue ainsi à consolider l’activité des fermes tout en offrant un débouché aux biodéchets des territoires voisins.
Une extension est envisagée, avec notamment l’ajout d’un module de déconditionnement pour augmenter les volumes de biodéchets traités. L’objectif est de renforcer les capacités de valorisation et la production énergétique, dans un contexte où la filière doit sécuriser ses débouchés et adapter son modèle économique à l’évolution des conditions de soutien public.

Le CO₂ biogénique, une valorisation supplémentaire
Depuis le début de 2026, Méthamoly développe également la récupération du CO₂ issu du processus de méthanisation. Le site pilote vise une production annuelle de 1 400 t, destinées notamment aux industries agroalimentaires pour la carbonatation des boissons, la conservation des aliments ou la fabrication de glace carbonique.
Cette activité, menée avec CAPCOO, collectif d’agriculteurs méthaniseurs qui mutualise et commercialise du CO₂ biogénique de qualité alimentaire, ouvre un débouché industriel supplémentaire. Elle répond aussi aux tensions d’approvisionnement rencontrées sur le marché du CO₂ et favorise une production de proximité.
Pour Méthamoly, cette diversification complète un modèle déjà fondé sur le biométhane et le digestat. Elle augmente la valeur tirée des matières entrantes et élargit les retombées économiques du projet. Au-delà de ses performances de production, l’installation illustre ainsi l’intérêt d’une méthanisation intégrée aux besoins locaux : un approvisionnement agricole et des biodéchets de proximité, une énergie renouvelable injectée dans le réseau, des usages dans les transports et plusieurs produits valorisés. Autant de leviers pour inscrire la décarbonation dans le fonctionnement économique du territoire.



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