En toile de fond, le conflit au Moyen-Orient agit comme un accélérateur de tensions sur des marchés déjà fragilisés par la transition énergétique et la forte demande mondiale en métaux et polymères. Pour les industriels de la filière câbles, l’équation devient de plus en plus difficile à tenir.
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Premier sujet de préoccupation : le cuivre, matériau stratégique pour les infrastructures électriques et numériques. Son cours atteint désormais des niveaux historiques. Mais il n’est pas le seul, l’aluminium, autre métal essentiel à la fabrication des conducteurs pour les réseaux de transport et de distribution, connaît lui aussi une envolée spectaculaire. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, son cours au London Metal Exchange est passé de 3 157 à 3 662 dollars la tonne, soit une hausse de 16 %. Quant à la prime lingot aluminium, elle a bondi de plus de 62 % en seulement deux mois.
Les plastiques utilisés dans les câbles sont également sous pression. Le polyéthylène, les silicones ou encore le polyuréthane subissent directement les conséquences de la hausse du Brent et des tensions sur les marchés pétrochimiques. L’éthylène, indice de référence des matières plastiques les plus courantes, a ainsi progressé de près de 40 % entre février et mars 2026. « Nous n’avons pas de stock devant nous de matière première », avait déjà évoqué Franck Baron, président du Sycabel il y a quelques semaine, appelant l’ensemble de la filière à une vigilance accrue.
Délais rallongés et chaînes d’approvisionnement fragilisées
Au-delà des prix, les industriels font face à une autre difficulté avec l’allongement des délais de livraison. Certains composants ou matières affichent désormais des retards supérieurs à 6 mois, avec parfois des reports de livraison sans visibilité précise. Car le conflit au Moyen-Orient fait aussi peser des incertitudes sur la production de cuivre. La fermeture du détroit d’Ormuz et la baisse de production de soufre dans la région, qui représente environ 25 % de la production mondiale, perturbent la fabrication d’acide sulfurique, indispensable au raffinage pyrométallurgique du cuivre, une méthode qui représente près de 80 % du marché mondial.
Pour les adhérents du Sycabel, ces tensions cumulées deviennent particulièrement difficiles à absorber. « L’impact sur les coûts des matières premières est tel qu’il devient difficilement soutenable », alerte l’organisation.