La croissance exponentielle des usages d’IA, notamment générative, soulève une inquiétude grandissante : son coût énergétique. Pourtant, les outils capables de mesurer précisément cet impact restent rares, voire inexistants à grande échelle.
C’est pour combler ce vide que trois acteurs — DRI, Easyvirt et IMT Atlantique — ont décidé d’unir leurs expertises. Leur ambition : concevoir une solution complète permettant de mesurer, prédire et optimiser l’empreinte carbone des usages de l’IA, de la requête utilisateur jusqu’aux infrastructures. « L’enjeu final est de donner aux utilisateurs la vision sur leur consommation énergétique et surtout de leur proposer des leviers d’usages responsables des IAs », explique Régis Josso, président de DRI.
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Le projet Frugalia s’articule autour de trois axes majeurs :
1. Mesurer et prédire l’impact carbone. Sur 18 mois, les équipes travailleront à modéliser l’ensemble de la chaîne IT — des modèles d’IA aux data centers — afin d’évaluer précisément leur empreinte environnementale et d’anticiper la consommation énergétique.
2. Développer un “routage IA” intelligent. Pendant 10 mois, un système de sélection orientera les utilisateurs vers les modèles les plus efficaces énergétiquement, sans compromis sur la qualité des résultats.
3. Optimiser les prompts pour réduire la consommation. Dernier levier : la sobriété à l’usage. En simplifiant les requêtes (réduction des répétitions, optimisation du vocabulaire, contextualisation), le projet vise à limiter la puissance de calcul nécessaire.
Un projet financé et ancré dans le réel
Doté précisément de 992 788 €, dont plus de 650 000 € issus du FEDER, Frugalia s’étend sur 30 mois. Il mobilise déjà 11 personnes et s’appuie sur des infrastructures en conditions réelles, garantissant la pertinence des résultats. Cette approche concrète constitue l’un des points forts du projet, combinant recherche académique et applications industrielles immédiates.
Open source et ambitions industrielles
Les résultats seront publiés dans des revues scientifiques internationales et diffusés en open source, avec des jeux de données et protocoles reproductibles. « Nos travaux enrichiront la communauté. Elle bénéficiera d’un jeu de données de référence et d’un benchmark de performance énergétique », souligne Thomas Ledoux, enseignant-chercheur à IMT Atlantique.
Côté entreprises, les retombées seront rapides : DRI et Easyvirt comptent intégrer ces avancées dans leurs solutions dès la fin du projet, avec à la clé la création de 11 emplois d’ici 2028.
Vers une IA plus sobre : un objectif ambitieux
Si les résultats restent à confirmer, les porteurs du projet visent une réduction de l’impact carbone comprise entre 20 % et 50 %. « Ce serait considérable », estime Martin Dargent, dirigeant d’Easyvirt. À l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit les usages numériques, Frugalia pourrait bien poser les bases d’une IA plus responsable, conciliant performance technologique et impératif écologique.