Moins 30 %. C’est le recul des appels d’offres sur les neuf premiers mois de 2026 par rapport à 2025, contre 17 % à la même période en 2014. Pour une entreprise, chaque appel d’offres qui disparaît vide un peu plus le plan de charge, immobilise du matériel et laisse des équipes sans activité assurée. L’activité partielle amortit un choc ponctuel, pas une crise qui dure.
La région compte 1 630 entreprises de travaux publics et 41 700 emplois non délocalisables. Si le recul se prolonge, certaines devront réduire leurs capacités, malgré les efforts consentis pour recruter et former. René Coiro, président de la fédération régionale, a averti que le sujet n’est pas de défendre des chantiers pour eux-mêmes : « Un territoire qui reporte durablement ses investissements dans l’eau, les routes ou l’adaptation climatique en fait payer le prix à ses habitants », souligne-t-il.
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Les besoins, eux, ne baissent pas. 20 % de l’eau distribuée se perd dans les 104 400 km de réseaux, et au rythme actuel, il faudrait 170 ans pour renouveler toutes les canalisations. Sur les 16 060 ponts étudiés, 63 % appellent un entretien ou une réparation, sur un réseau de 170 253 km de voiries à surveiller. Canicules, inondations et pluies intenses touchent désormais tous les départements : s’adapter suppose des entreprises et des équipes encore en état de travailler. Chaque report alourdit la facture.
Trois décisions attendues
La profession ne fait pas le procès des collectivités. Elle connaît leurs contraintes financières et constate que le projet de loi de finances pour 2027 ne leur offre pas, à ce stade, la visibilité nécessaire. Elle appelle l’État et les collectivités à bâtir une trajectoire commune : programmer les projets, même non immédiats ; concentrer les moyens sur l’eau, la sécurité, les mobilités et l’adaptation climatique ; lancer sans attendre les opérations déjà étudiées, autorisées ou programmées. Il ne s’agit pas de dépenser sans discernement, mais d’éviter que l’absence de décisions n’engendre davantage de coûts et de retards.
La baisse peut sembler passagère, ses effets risquent d’être durables : équipes dispersées, compétences parties, territoires privés demain des moyens de répondre à leurs besoins. Préserver dès maintenant la capacité d’action des travaux publics, c’est garantir la continuité, la sécurité et l’adaptation des territoires.
Exemples de l’action des TP en Auvergne-Rhône-Alpes :
• Îlots de fraîcheur : place Václav Havel à Lyon : création d’une place-jardin de 6000 m², permettant l’infiltration naturelle des eaux, conçue comme un îlot de fraîcheur (Métropole de Lyon / Ville de Lyon / SEM SERL).
• Désimperméabilisation : « Respire à la récré », projet de transformation des cours des écoles, initié par la ville de Clermont-Ferrand.
• Résilience des infrastructures en montagne : Adapter les routes de montagne face à l’évolution des risques. En Isère, après l’éboulement d’un million de m³ ayant coupé la RD 1532 en 2024, le département a étudié un nouveau tracé afin de s’affranchir des risques résiduels d’éboulement, sur la base d’études géologiques et géotechniques (début des travaux prévu en 2028).
• Protection des villes contre les inondations : réparation des digues de Brives-Charensac et Bas-en-Basset.
• Îlots de fraîcheur : place Václav Havel à Lyon : création d’une place-jardin de 6000 m², permettant l’infiltration naturelle des eaux, conçue comme un îlot de fraîcheur (Métropole de Lyon / Ville de Lyon / SEM SERL).
• Désimperméabilisation : « Respire à la récré », projet de transformation des cours des écoles, initié par la ville de Clermont-Ferrand.
• Résilience des infrastructures en montagne : Adapter les routes de montagne face à l’évolution des risques. En Isère, après l’éboulement d’un million de m³ ayant coupé la RD 1532 en 2024, le département a étudié un nouveau tracé afin de s’affranchir des risques résiduels d’éboulement, sur la base d’études géologiques et géotechniques (début des travaux prévu en 2028).
• Protection des villes contre les inondations : réparation des digues de Brives-Charensac et Bas-en-Basset.