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[Tribune] : Quand un équipement manque, c'est le chantier qui paie l'addition

AIMÉE GUITARD LAFFITE, EXPERT CHEZ SAMSARA, LE 26 AOÛT 2026
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[Tribune] : Quand un équipement manque, c'est le chantier qui paie l'addition
Les traceurs sont une solution de lutte contre les vols de matériels
Une entreprise de construction peut disposer des meilleurs engins, des meilleures équipes et d’une organisation bien rodée, cela n’empêchera pas le coût lié à l’imprévu : perte ou vol d’un équipement, personnel malade, météo capricieuse… un tas d’éléments ou de circonstances pouvant désorganiser une journée de travail. Aimée Guitard Laffite, Mid-Market Manager chez Samsara, a mis cette problématique en lumière en publiant un rapport consacré au vol et à la perte d’actifs, intitulé “Quantification du coût caché des actifs invisibles”, réalisé auprès de 1 500 dirigeants financiers de secteurs à forte intensité d’actifs, dont la construction.

Un outil spécialisé resté sur un autre chantier, un groupe électrogène impossible à localiser, une pièce technique qui n’est plus là où elle devrait être : ces situations paraissent anodines lorsqu’elles sont isolées. Répétées à l’échelle de dizaines, voire de centaines de chantiers, elles finissent par peser lourd sur la productivité. Car le véritable coût ne réside pas seulement dans la perte d’un équipement. Il se mesure aussi en heures perdues, en interventions retardées et en capacité de production immobilisée.

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Cette problématique est d’autant plus préoccupante que BTP doit aujourd’hui faire face à une équation difficile : contenir ses coûts tout en maintenant son niveau de production. La hausse des charges, les tensions sur le recrutement et le ralentissement de certains marchés pèsent directement sur les entreprises. Dans les travaux publics, la situation est particulièrement tendue, comme le souligne dans son dernier bulletin mensuel de conjoncture la Fédération nationale des travaux publics : les volumes d’activité ont reculé de 7,1 % sur les cinq premiers mois de 2026, tandis que les prises de commandes ont chuté de 21,4 %.

Quand un équipement manque, c’est un chantier 

Dans le BTP, la perte d’équipements ne se limite pas aux vols. Selon le rapport Samsara, 72 % des coûts opérationnels liés aux actifs manquants proviennent du petit matériel : outils, capteurs, générateurs ou pièces spécialisées. Ces disparitions du quotidien ont un impact direct sur l’activité. Près de deux dirigeants sur trois déclarent qu’un équipement critique manquant a provoqué un arrêt ou un retard important au cours des 12 derniers mois.

Au-delà du coût de remplacement, la facture comprend le temps passé à rechercher le matériel, les équipes immobilisées, les locations d’urgence et les retards sur les chantiers. Dans certaines entreprises ne disposant pas de suivi des actifs, les collaborateurs peuvent consacrer plus de 10 heures par semaine à retrouver des équipements.

L’impact financier

Le rapport révèle que les entreprises sans solution de suivi peuvent consacrer jusqu’à 25 % de leur budget d’équipement au remplacement d’actifs perdus ou volés. Face à ces chiffres, l’enjeu n’est plus seulement de protéger le matériel, mais d’améliorer sa visibilité. Savoir où se trouvent les équipements permet de limiter les achats inutiles, d’éviter les transferts en urgence et de mieux préparer les chantiers.

Dans un secteur où les délais sont de plus en plus contraints, la capacité à localiser rapidement ses ressources devient un véritable levier de productivité. Le chantier connecté de demain ne reposera pas uniquement sur les nouvelles technologies, mais aussi sur une maîtrise précise de ses équipements.

Les chiffres à retenir
72 % des coûts liés aux actifs manquants concernent le petit matériel.
2 dirigeants sur 3 ont subi un arrêt ou un retard de chantier à cause d’un équipement introuvable.
Plus de 10 heures par semaine peuvent être consacrées à la recherche de matériel.
Jusqu’à 25 % du budget d’équipement sert à remplacer des actifs perdus ou volés.



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