Le président de la fédération française du bâtiment (FFB), Didier Ridoret, livre son analyse de la conjoncture actuelle. Si l’homme confesse le peu de visibilité sur l’avenir, il reste déterminé à défendre bec et ongles les intérêts du secteur.
Comment analysez-vous le marché en cette année 2011 ?
La photographie que l’on peut faire sur l’activité est une augmentation significative en termes de volumes. Que ce soit les autorisations ou les mises en chantier dans tous les domaines, nous sommes dans des orientations positives. C’est surtout le logement neuf qui porte le marché. Je pense que nous devrions continuer comme ça jusqu’à la fin de l’année. Ceci étant dit, un bémol extrêmement important est à apporter puisque les prix ne remontent pas et les entreprises souffrent en matière de trésorerie. Il est très difficile de prédire quand ces prix remonteront tant ils sont dépendants de facteurs divers. C’est un pari sur lequel je ne veux pas m‘aventurer.
À quoi faut-il s’attendre en 2012 ?
Sur l’année 2012, nous devrions enregistrer une baisse d’activité qui va être due à la baisse du logement neuf en matière de construction car les promoteurs nous confirment les baisses en termes de mises en chantier et de ventes. Mais je serais bien incapable de dire quand cette baisse va se produire. Les effets d’inertie étant importants dans ce secteur, accélération et freinage de l’activité sont difficiles à anticiper avec précision. Je crains également que les particuliers dans un environnement économique très instable n’aient des comportements qui les tournent vers l’épargne plutôt que vers la consommation.
Ce manque de visibilité vous exaspère-t-il ?
En effet, c’est épuisant. Lisez le journal ou les éditoriaux. Un jour on a trouvé la solution, le lendemain ça retombe. De notre côté [ndlr : la fédération française du bâtiment], on continue de marteler que l’immobilier reste un placement intéressant et sécurisé au niveau national. Il nous paraît capital de maintenir la confiance. Regardez les travaux d’entretien en termes d’accessibilité ou d’économie d’énergie. Ce sont des investissements durables qui seront forcément bien orientés et sur lesquels ceux qui s’y seront dirigés ne perdront pas d’argent. Il y a de la volatilité dans bien des domaines, mais le bâtiment assure une certaine stabilité. Dans une période de turbulence, il faut garder un cap.
Garder le cap, c’est aussi sauvegarder les acquis du secteur ?
J’entends beaucoup dire que la TVA à 5,5 % est pointée du doigt, mais elle a également de réels avantages qui ne sont d’ailleurs, pas remis en cause. C’est pourquoi je n’avais pas vraiment de doute concernant son maintien en 2012. Concernant l’évolution du Scellier, nous regrettons évidemment le taux auquel il va se retrouver, mais nous continuons de dire qu’un Scellier à 15 ou 14, reste aussi intéressant que le de Robien lorsqu’il s’est arrêté.
Par contre, l’imposition des plus values immobilières est plus gênante. C’est pourquoi nous sommes montés au créneau pour que le gouvernement corrige un peu sa copie. Si la nouvelle mouture ne nous convient pas totalement, elle comporte quand même deux points positifs. Le premier est que l’on décale jusqu’au 1er février. C’est un gain de temps, mais après… ? Le second, est qu’au bout de 30 ans, il n’y aura plus de taxation de la plus value. Ca ne m’enthousiasme pas, mais c’est déjà ça.
Quelles sont les relations entre la FFB avec les pouvoirs publics ?
On discute beaucoup avec Bercy et le ministère du logement. On travaille en permanence avec eux sur les choix, les orientations. Ce n’est pas un contact ponctuel, mais régulier, avec des échanges chaque semaine entre le cabinet, le ministre et nous. Globalement, nous sommes satisfaits de la qualité des échanges. Après, nous sommes dans une négociation, il y a donc des choses qu’ils ne peuvent pas faire et d’autres que nous ne pouvons pas accepter. Nous essayons de trouver des terrains d’entente.
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JÉRÉMY BELLANGER , LE 21 NOVEMBRE 2011
\ PUBLIÉ DANS
BTP MAGAZINE N° 251
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