Joseph Cuvelier, ancien dirigeant d’Eternit de 1972 à 1994, a été mis en examen par la juge d’instruction Marie-Odile Bertella-Geffroy, pour « homicides et blessures involontaires », dans l’enquête sur le décès d’une vingtaine de salariés.
Il se voit reprocher l’absence des mesures de sécurité nécessaires pour protéger les salariés de l’exposition aux fibres d’amiante dans cinq usines du groupe. Ce n’est pas la première fois qu’Eternit se retrouve devant la justice mais auparavant, seuls les responsables des sites avaient été mis en examen. Selon maître Tessonnière, l’avocat des l’association Andeva (Association nationale de défense des victimes de l’amiante), Joseph Cuvelier a été l’un des artisans de la stratégie de lobbying visant à minimiser les dangers du matériau cancérigène et à retarder l’instauration de mesures réglementaires de protection de la santé. La société Eternit compte cinq sites en France et cinq plaintes ont été déposées par les parties civiles. L’amiante est interdite en France depuis le 1er janvier 1997 et ce groupe familial travaille désormais avec de la fibre-ciment.
Rappelons que l’amiante risque de causer 100 000 décès d’ici 2025 selon l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail. Longtemps utilisée dans l’isolation des bâtiments, son caractère cancérigène est connu depuis les années 1950, mais le premier décret réglementant son usage ne date que de 1977, et son interdiction de 1997. L’amiante serait responsable, outre de cancers de la plèvre et du poumon, de cancers du larynx et des ovaires.
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