Le 2 mars dernier, Alain Juppé a présenté à la presse nationale son nouveau projet urbain baptisé "Vers le grand Bordeaux 2030, une métropole durable", avec pour épicentre le programme urbain baptisé « Euratlantique », pendant du quartier d’affaires Eurallille à Lille, ou, dans une bien moindre mesure, d’Euroméditerranée à Marseille.
En quelque sorte, il s’agit de lancer une deuxième phase de grands travaux urbains pour la modernisation de la capitale girondine, et qui intervient alors même que la première étape lancée en 1996 avec la rénovation du centre historique, la reconquête des quais Garonne et la construction de 45 kilomètres de tramway, vient à peine de s’achever.
Le nouveau projet du maire de Bordeaux donne une large place aux écoquartiers, le long d’un « arc du développement durable », en périphérie du centre-ville. Leitmotiv du maire de Bordeaux : « performances énergétiques » et « osmose avec la nature… ».
(inter) Réunifier les deux rives Bordeaux avec la Garonne pour frontière commune
L’objectif et surtout de rééquilibrer l’agglomération bordelaise en redynamisant la rive droite jusqu’ici délaissée, à l’exception du quartier Bastide qui a fait l’objet d’aménagement en première phase.
"Nous avons au total un potentiel de construction de 10 000 à 15 000 logements et de 500 000 à 600 000 mètres carrés de locaux d’activités, ce qui nous permettra d’accueillir 30 000 habitants supplémentaires, après en avoir accueilli 17 000 en moins de dix ans ", précise Alain Juppé.
C’est sur cet arc que devraient prendre place plusieurs écoquartiers, mêlant bureaux, espaces verts et habitat. D’ailleurs, l’un de ces écoquartiers est déjà programmé au nord de Bordeaux, sur les berges du lac (2 100 logements, 35 000 m2 de locaux), situé au nord de la ville, en rive gauche. Il devrait être livré au plus tard en 2012.
Dans le quartier de la Bastide, l’immense caserne Niel sera transformée en quartier d’entreprises. À proximité, 50 hectares de bords de la Garonne seront consacrés à l’aménagement d’un nouvel espace vert, baptisé "parc des Angéliques".
Immobilier mis à part, le nouveau projet urbain intègre aussi la construction de deux nouveaux ponts, qui permettront de franchir la Garonne au nord de la ville (pont Bacalan-Bastide) et au sud (pont Jean-Jacques Bosc).
Pour ambitieux, de lourdes incertitudes pèsent sur le projet dont une bonne partie devrait être financée par le privé : la crise de l’immobilier et l’avancée du dossier du TGV Sud Europe Atlantique Atlantique dont la lenteur inquiète fortement le maire de Bordeaux.
L’annonce de ce « Grand Bordeaux » coïncide également avec les premiers résultats de la commission Balladur, chargée de réorganiser les collectivités territoriales et qui table sur la création de métropoles d’envergure européennes. Bordeaux souhaite clairement en faire partie
Reste l’écueil « LGV » dont la réalisation est indissociable de celle du centre Euratlantique, projet dans le projet. Selon Alain Juppé, « le dossier de la LVG Sud Europe Atlantique Paris-bordeaux n’avance pas comme il faudrait : le protocole de financement de la ligne à grande vitesse qui devait être signé en janvier, ne l’a toujours pas été. Il faudra mettre la pression pour que l’on tienne le timing ».
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