Destiné à remplacer l’ancien ouvrage miné par la maladie du béton, le pont de Terenez construit par Dodin Campenon Bernard (mandataire) en groupement avec Sogea Bretagne, GTM Atlantique et Freyssinet, toutes filiales du groupe Vinci, avance à pas comptés. À Térénez, c’est un sous-sol constitué de schiste décomposé qui a révélé bien des surprises lorsqu’il s’est agi d’y implanter les pieux de fondation de la rive droite. Les problèmes ont été résolus avec des pieux sous semelle qui ont été descendus à 40 m de profondeur afin de trouver la bonne assise, alors que les deux jambes de la pile de la rive gauche laissent déjà entrevoir ce que sera leur design.
Implanté dans la vallée de l’Aulne en Finistère, à proximité du débouché de l’Aber dans la rade de Brest, le pont de Térénez doit assurer le franchissement de l’Aber par la départementale 791 entre la petite ville de Le Faou et la presqu’île du Crozon.
D’un coût de 35 M€, l’ouvrage est exceptionnel, notamment par l’originalité des courbes de son tablier et par l’oblique des deux pylônes requérant la mise en œuvre de techniques pour le moins originales…
La solution technique retenue est un ouvrage à haubans, sans pile en rivière, de 515 m de portée de culée à culée, dont 285 m pour la travée centrale.
Il est constitué d’un tablier courbe en forme d’assiette renversée rigidifiée en sous-face par 113 raidisseurs métalliques. Ce tablier comporte une chaussée à deux voies de circulation de 6,50 m de large, complétée de part et d’autre d’un cheminement de 2,40 m pour piétons et cyclistes. Il est porté par deux pylônes en « lambda » de 110 m de haut qui autoriseront un tirant d’air de près de 40 m.
Le respect du gabarit routier pour le passage des poids lourds et des utilisateurs des voies latérales est le point clé pour la détermination des ancrages des haubans.
« Compte tenu de la géographie du site, la construction d’un tablier courbe, outre son originalité esthétique, était la seule solution possible », explique Thomas Lavigne, architecte du projet qui a dû reprendre le dossier « Terenez » à la mort de son père. Un parti pris architectural qui n’a pourtant pas facilité la tâche des entreprises.
Par rapport à un pont à haubans classique, avec l’effet de la courbure, il a fallu donner une inclinaison aux pylônes pour qu’ils s’adaptent à l’orientation de la charge des haubans. « Un pont à haubans est de toute façon très technique, mais je pense que celui-ci l’est davantage que d’autres, notamment au regard de la portée de la travée principale », précise Antoine de Cambourg, directeur des travaux.
Chaque jambe du pylône est fondée sur une semelle construite en bordure de l’Aber, en dessous du niveau des plus basses eaux, nécessitant la réalisation de batardeaux constitués d’un rideau de palplanche foncées dans le terrain entre 7 m et 13 m pour les plus hautes.
Les pieux ont été exécutés par Botte Fondations à partir d’une estacade. Chacune des deux semelles, de même nature que celles de la rive gauche, repose sur un massif de 10 pieux de 1,50 m de diamètre l’unité. Encore plus ferraillées que celles de P2, les semelles du pylône 3 en rive droite ont nécessité la mise en œuvre de 245 t d’armature.
La géométrie des deux pylônes implique l’utilisation de coffrages auto-grimpants Péri relativement complexes. « Mais de façon plus générale, le fait même d’avoir des structures aux formes inclinées et des courbes, nous impose de raisonner en permanence en géométrie dans l’espace en trois dimensions », souligne Antoine de Cambourg.
Le tablier sera construit en encorbellements à l’aide d’un équipage mobile brêlé sur la partie déjà construite. Détail technique : ce sont les haubans définitifs qui soutiendront provisoirement les deux équipages mobiles au moment du bétonnage. Le clavage central terminera l’ajustement des fléaux.
► Les intervenants du projet
Maître d’ouvrage : Conseil général du Finistère Assistant du M.0. : Michel Virlogeux Maître d’œuvre : Conseil général du Finistère Architecte : Thomas Lavigne Études d’exécution : B. E Arcadis Entreprises : Dodin Campenon Bernard (mandataire), Sogea Bretagne, GTM Atlantique, Freyssinet (haubans), Botte Fondations (fondations spéciales), Eurovia (chaussées)
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