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ENJEUX ET PERSPECTIVES

Brest entre terre et mer

LA RÉDACTION, LE 21 JANVIER 2009
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Brest entre terre et mer
Depuis une quinzaine d’années, Brest s’est transformée avec la réalisation d’un certain nombre d’équipements structurants, comme les grands travaux d’accessibilité routière, le nouveau pont sur l’Elorn, l’extension de l’aéroport, le Technopôle Brest-Iroise, la faculté Victor Segalen. Aujourd’hui, cette mutation se poursuit avec la mise en route de nouveaux grands chantiers en adéquation avec le développement des fonctions métropolitaines de la ville : l’aménagement de l’espace Penfeld, site de 150 hectares, la nouvelle aérogare, le Tramway, le port du Château situé à l’entrée de la Penfeld.

Le Port du château donne le « la »

Au cours de l’été dernier, un nouveau port de plaisance de près de 600 places est né au cœur de la ville de Brest. Complémentaire de celui du Moulin-Blanc, il a vocation à accueillir les grandes unités de plaisance, les navires traditionnels et les bateaux de course au large, en escale à Brest.
650 m de digues, un port de 11 hectares, 27 millions d’euros d’investissement financé par l’Union européenne, l’État, la Région et le Département… Par sa taille et la technologie utilisée, le chantier du Port du château, qui a commencé en décembre 2006 et qui vient de s’achever, est exceptionnel à plus d’un titre. Il l’est notamment par les méthodes mises en œuvre pour la réalisation des digues Sud et Ouest qui protégeront le plan d’eau, en lieu et place des anciens brise-lames. Ces digues ont été construites par le groupement d’entreprises Quille (groupe Bouygues Construction) et ETPO, choisi par Brest métropole océane (maître d’ouvrage) et Brest métropole aménagement (maître d’ouvrage délégué) en janvier 2006. La réalisation des pontons de plaisance et l’aménagement intérieur du port ont été confiés à un groupement constitué des entreprises EMCC, Marc et Métalu.
La digue à enrochement n’ayant pas été retenue en raison de leur emprise pyramidale trop large au sol et de la présence de fonds vaseux, la technique retenue pour sa construction constitue le meilleur compromis entre les différentes contraintes techniques et financières du projet :
- une qualité technique, en offrant une protection du port contre la houle, notamment grâce à un système de portiques ancrés dans le sol, portant un voile de béton descendant de près de 4 m sous le niveau de la basse mer ;
- une qualité environnementale, puisque le maintien d’une hauteur libre sous le mur de protection des digues ne modifiera pas le régime des courants, limitant ainsi les risques d’envasement du port ;
- une qualité de fonctionnalité, car l’accostage est prévu le long de la digue, de manière permanente côté intérieur du port et de manière occasionnelle côté extérieur ;
- enfin, des qualités esthétiques réelles, dans un site très visible et proche du château.
L’ouvrage sud forme une promenade de 450 m sur une largeur de 7,50 m surplombant le port. Les 52 dalles de 80 t chacune, préfabriquées au port de commerce et acheminées régulièrement par barge, ont été posées, « comme dans un jeu de mécano », précise Patrick Prigent, directeur du projet pour le compte de Brest métropole aménagement.
Des murs pare-houle en béton de 13 m de haut, propres à arrêter les vagues sur ce vaste plan d’eau de 11 ha et à empêcher son envasement, ont été installés, ainsi que des garde-corps du côté du château et un mur chasse-mer de l’autre pour éviter aux promeneurs de tomber à l’eau. Des câbles en acier inox (haubans), ancrés à 5 ou 6 m dans le rocher, assurent la stabilité des pieux métalliques sur lesquels repose la digue sud. Un procédé venu de l’offshore, mais une première pour un port maritime.
Ainsi construite, la digue sud, fixe, reliée au quai Malbert, constitue une promenade publique qui sera accessible hors gros temps. Elle offrira un point de vue unique sur le port, en particulier sur le bassin d’animations.
Quant à l’aménagement de la digue ouest de 150 m, cette dernière est également achevée. L’ensemble des opérations s’est terminé en octobre 2008, la capitainerie du nouveau port, bâtie en contrebas du château, devant être livrée en février ou mars 2009.
« Port du château est la première conséquence concrète de la libération d’espaces militaires sur le site de la Penfeld, explique le président de Brest métropole océane, François Cuillandre. Cette opération est à resituer dans le cadre de la mission Penfeld qui a travaillé sur le transfert au civil de trois espaces appartenant de la Marine Nationale : le plateau des Capucins, le Salou et le port du château. » Reste que si le Port du château est en passe de devenir réalité, l’aménagement du plateau des Capucins, comme celui du fond de Penfeld et du Salou, demanderont encore des années d’études et de travaux.


► Les avatars du chantier

Achevée depuis plusieurs mois, la digue sud du Port du château, à Brest, est de nouveau en travaux depuis fin septembre. Du ciment utilisé pour le scellement de l’ouvrage « n’apportait pas assez de garanties », explique Patrick Prigent, directeur de Brest métropole aménagement (BMA), maître d’ouvrage délégué de cette opération. Une quarantaine des 144 pieux supportant la digue est concernée. Les points d’ancrages, scellés dans la roche au fond de l’eau, sont tous noyés dans le ciment, avec les haubans qui rigidifient l’ensemble. Ce « coulis » devant notamment protéger les ferrailles de la corrosion s’est vite montré défaillant. Le tir a toutefois pu être corrigé au fil du chantier, mais il faut maintenant revenir sur ces premières fixations.
De nouveaux forages sont donc en cours, à côté des anciens. Plutôt que de « consolidation » Patrick Prigent, diplomate, préfère parler de « travaux de parachèvement qui apportent la pérennité voulue », travaux qui n’auront d’ailleurs pas d’effet sur la mise en service du Port du château prévue en février 2009, mais qui auront par contre une incidence sur le coût final de l’ouvrage, de l’ordre de trois millions d’euros, à la charge de la société Quille.


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