Véritable pièce maîtresse du patrimoine hydraulique versaillais, ce collecteur traverse le domaine du château de part et d’autre du grand canal et récupère les eaux usées et pluviales de Versailles Sud. Il collecte notamment les eaux du château de Versailles, puis celles du quartier Saint Louis ainsi que le trop plein des étangs qui viennent drainer les jardins du parc, avant de se déverser dans les bassins du carré de Réunion, aujourd’hui devenus une station d’épuration sur la ville de Saint Cyr l’École.
Construit en meulière et datant de la construction du château de Versailles, il y a un peu plus de 350 ans, dans une maçonnerie de pierre calcaire taillée, de moellons enduits, complètement vouté, avec un radier en pavés de grès, cet ouvrage remarquable présente des signes de dégradations importantes et menace de s’effondrer à certains endroits, notamment au droit de la route départementale RD10.
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L’objectif des travaux est donc double. D’une part, réhabiliter et reconstruire le collecteur « Versailles Sud » sur environ 3,7 km entre la pièce d’eau des Suisses et la station d’épuration Carré de Réunion à Bailly et Saint-Cyr-l’École et d’autre part, sécuriser la collecte des effluents jusqu’à la station d’épuration.
Le projet s’articule autour de deux espaces distincts. Les travaux sur espaces publics, voirie RD10 et les travaux sur espace privés : parc du domaine national de Versailles, sous les terrains de la pièce d’eau des Suisses et des Mortemets.
Le collecteur n°1, classé au titre des Monuments historiques, est restauré selon les prescriptions et les accords des services Monuments Historiques sur 2660 m et reconstruit par des techniques avec et sans tranchée sur 1 034 m dans les sections trop dégradées.
Préparation et puits d’entrée
Conformément au phasage souhaité par le client, les travaux ont démarré par la partie sans tranchée réalisée en microtunnelier sur 554 m et se poursuivent par les travaux en tranchée ouverte, sur 480 m, le long de la RD10 et dans le terrain des Mortemets. Parallèlement, se déroulent les tests et essais liés à la méthode de restauration projetée dans la partie du collecteur à réhabiliter.
La première étape des travaux sans tranchée a été de réaliser le puits de départ de 7,5 m de diamètre, sur 6 m de profondeur, en paroi de pieux sécants dans l’enceinte du parc du Château.
Le chantier a été préalablement isolé du parc et ses entrées ont été sécurisées de façon à ne pas gêner les visiteurs et les touristes.
Fonçage par microtunnelier
Baptisé « Caroline », le microtunnelier a ensuite fièrement parcouru sa trajectoire en ligne droite sur 554 mètres entre l’entrée du Parc et le puits de sortie sur la RD10, sans autre encombre qu’une vitesse plus réduite que prévu du fait de la prédominance inattendue des marnes à huitres dans les sables de Fontainebleau.
La présence d’une plus grande quantité de fines d’argiles réduit la vitesse de creusement et nécessite d’adapter le matériel. Les déblais issus du forage sont mélangés à un fluide de forage et ramenés par pompage en surface où ils sont séparés du fluide par l’installation de traitement.
Le temps de régler l’installation de traitement des boues et d’augmenter la capacité de traitement des fines et le tour a été joué. Le microtunnelier « Caroline » est arrivé, comme prévu, le 25 septembre 2025 au puits de sortie blindé, réalisé en méthode traditionnelle avec du boisage entre des travées métalliques.
Technologie et précision pour la pose du collecteur
Le nouveau collecteur mis en place par Caroline est composé de tuyaux de fonçage en béton armé de grande résistance de diamètre intérieur 1 800 mm. La technique de fonçage au microtunnelier nécessite d’exercer des efforts de poussée importants sur les tuyaux qui progressent derrière le microtunnelier après avoir été installés dans le puits de départ sur un châssis muni de vérins de poussée de 850 t de capacité.
Afin de réduire les efforts de poussée générés par le frottement des tuyaux sur le terrain, un fluide de lubrification est injecté autour des tuyaux pendant leur progression.
Deux stations intermédiaires de poussée, des tuyaux spéciaux munis de vérins, ont été posées par sécurité à intervalles réguliers sur le linéaire de creusement. Les injections de lubrification ayant été parfaitement maîtrisées, les stations intermédiaires n’ont pas eu à être actionnées.
Un chantier technique au service du patrimoine
Les travaux de pose du nouveau collecteur en tranchée ont commencé depuis le puits de sortie et sont en cours de pose jusqu’au raccordement amont du réseau existant. Parallèlement à ces travaux, sont réalisés les raccordements amont et aval du nouveau collecteur sur l’ouvrage existant, via la création de deux chambres de raccordement en génie civil, ainsi que le raccordement des branchements particuliers existants sur le nouveau collecteur.
Bien que plus classiques que les travaux habituellement réalisés au microtunnelier, ces travaux de raccordements ont ici la particularité d’être exécutés avec de grandes précautions compte tenu des spécificités structurelles et historiques du collecteur existant et de la continuité de service à assurer pendant les travaux. Le phasage d’exécution devient alors crucial devant l’exigüité de l’espace confiné de travail restant après la mise en place des soutènements nécessaires et de la déviation des effluents.
Quant aux travaux d’exécution de raccordement des branchements, un respect des directives départementales, environnementales et patrimoniales du parc du château de Versailles, notamment sur les arbres d’alignement, a été respecté avec l’ensemble des acteurs concernés.