Les travailleurs étrangers low-cost affluent massivement en France favorisant du même coup la concurrence déloyale et la fraude. Excédés, les syndicats et les entreprises du bâtiment réclament plus de clarté et une loi sociale commune pour l’Europe.
En ces temps de crise, le BTP peine à se maintenir en raison de l’arrivée massive en France d’une main d’oeuvre étrangère low-cost proposant ses services pour des prix bien moindres que les entreprises françaises. Si jusqu’ici ces travailleurs étrangers originaires de l’Europe de l’Est, de l’Espagne ou du Portugal étaient autorisés à séjourner en France "temporairement et pour répondre à une mission précise" selon une directive de 1996, le contexte économique actuel pousse ceux-ci à s’implanter durablement sur le sol français et en toute illégalité : prix cassés, chantiers effectués de nuit ou le week-end... Face à l’exaspération des entreprises du BTP français, "Les services se mobilisent. Il y a des contrôles" assure la Direccte des Pays de Loire à nos confrères de Ouest-France. Il en faudra plus pourtant pour le BTP français qui souhaite davantage de contrôles et donc un plus grand nombre d’inspecteurs du travail, et surtout des procédures juridiques plus simples basées sur une loi sociale européenne commune. En attendant, certaines entreprises ont entrepris de lutter avec leurs moyens. Harmonie Habitat, maître d’ouvrage sur le chantier du Sillon de Bretagne, a imposé à tous ses salariés de porter un badge d’identification.